#LiveReport : Nuit du Blues à Monaco

« You’ve come a long way, baby », c’est ce que l’on pouvait se dire en pénétrant dans l’enceinte du Palais Garnier à Monaco à l’occasion de cette Nuit du Blues proposée par la SBM. En effet, il y a loin des champs de coton aux bords du Mississipi, où cette musique est née il y a plus d’un siècle de cela jusqu’aux lambris dorés de l’Opéra de Monte Carlo.

Donc émotion palpable lorsque nous somme entrés das cette auguste salle pour y voir et y  entendre les trois groupes à l’affiche ce cette Nuit du Blues concoctée par Jean-René Palacio dont l’amour qu’il porte à cette musique est bien connu. Trois groupes à l’affiche, l’un français, Manu Lanvin, l’autre irlandais, Johnny Gallagher, et enfin les Etats-Unis d’Amérique représentés par la star internationale Buddy Guy.

Manu Lanvin, d’abord. Accompagné d’une rythmique basse-batterie (Nicolas Belanger et Jimmy Montout), le fils de Gérard prend possession de la scène comme un diable bondissant hors de sa boîte, en attaquant avec son tube « All night Long » avec  une maestria impressionnante pour un (presque) jeune homme. Tiré à quatre épingles, feutre porté de biais, costume noir cintré, boots anglaises, cet « Electric Dandy » comme n’aurait pas manqué de l’appeler Yves Adrien, saute comme un cabri, tout en exécutant des soli de guitare à fortes consonances « Chicago Blues » qui n’ont pas du déplaire à la star de la soirée. Chanteur à la voix puissante et rocailleuse, il calme le jeu sur une ballade pleurant (en français) un amour perdu, enchaine avec « Red House » de Jimi Hendrix, puis remet le turbo pour terminer sur les chapeaux de roues un set de toute électrique beauté.

 Johnny Gallager ensuite. Loin du dandysme du précédent, il ressemble à un étrange croisement entre Poppa Chubby  et Dusty Hill, le bassiste de ZZ TOP. Sa Stratocaster posée sur son impressionnant bidon, il mouline à force de bras qui sont comme vos cuisses plus les miennes un blues-rock teinté de couleurs folk-rock celtique, accompagné par un trio dans lequel figure ses deux frères, l’un, James à la basse, et l’autre, Pauric, aux claviers, le batteur Sean O’ Casey complétant l’ensemble qui se nomme The Boxtie Band.

Privilégiant les compositions originales aux reprises, Johnny Gallager et son gang oeuvrent dans un registre lourd, empreint pourtant parfois de belles accalmies (la ballade « Peace of Mind ») jusqu’au moment où  Johnny Gallager empoigne sa mandoline pour reprendre le classique « Going to my Hometown » popularisé par son confrère, compatriote et homonyme Rory Gallagher. Grand moment de musique « à la bonne franquette ».

Puis place à la STAR, Mr Buddy Guy himself, 82 piges au compteur, l’ancien accompagnateur de BB King, et idole de Keith Richards et dEric Clapton, apparait sur scène mince comme un fil, vêtu de blue-jeans et d’une chemise orange du plus bel effet, sa guitare en bandoulière, et se lance immédiatement dans une version incendiaire de son tube « Damn right, I’ve got the blues ! ».

Son orchestre est composé d’un second guitariste, d’un pianiste-organiste-choriste aux faux airs de Dr John, apparemment directeur musical, vu la complicité et les regards échangés avec Buddy Guy, d’un bassiste à la fois métronomique et funky et d’un batteur à la frappe sèche et puissante, typique du Chicago Blues. D’ailleurs ce sont principalement des classiques issus de cette ècole que Buddy interprétera ce soir là, tels que « Rollin’ Stone blues » « I just wanna make love to you » et autres standards. Puis, comme à l’accoutumée il descend dans la salle se frotter de près au public qui n’en perd pas une miette. Ce dernier fait d’ailleurs un triomphe à Buddy lorsqu’il remonte sur scène. Ce qui impressionne le plus, en fait, est le contraste entre son chant rocailleux et la fluidité de son jeu de guitare, un peu comme si Tom Waits était accompagné par Eric Clapton ! Après une heure de show, il invite sur scène Johnny Gallagher, les trois guitaristes présents se chauffent sur un shuffle en hommage à la ville de Chicago, PAS le traditionnel et rabâché « Sweet home Chicago » mais une composition de Buddy qui nous la présente en disant « this is a song about my hometown » (ville natale en français) alors qu’il est en réalité natif de Louisiane, mais peu importe… Puis il pose sa guitare, et laisse les deux autres ferrailler et s’en va sous une standing ovation. Une soirée de pure magie !

www.montecarlosbm.com

Ecrit par Gilbert D'Alto

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