Monsieur Sax & Mister Jazz

Tenorsax

Monsieur Sax and Mister Jazz par Jean Bellissime

De nos jours, de tous les instruments, le plus typé ‘jazz’, est peut-être le saxophone.

En effet, dans les autres formes musicales, classique, chanson, variétés, le sax est absent de l’imaginaire collectif ; pourquoi ? Et d’abord d’où vient cet instrument ? Quelle est son histoire ?

Né aux environs de 1846 il est le produit breveté d’un facteur d’instruments belge né à Dinant en 1814, Antoine Joseph Sax dit Adolphe Sax ; il s’initie aux instruments dans l’atelier paternel et dès ses quinze ans présente une clarinette en ivoire à un concours bruxellois. En 1838 sa transformation de la clarinette –basse fut une telle révolution qu’elle l’obligea à un duel musical qu’il gagna haut la main grâce à l’appui de HALEVY qui s’enthousiasma pour l’instrument et lui permit de gagner l’estime du monde de la musique parisienne.

Aldoph Sax

Le grand BERLIOZ l’encouragea tant et tant qu’il présentera toute une famille d’instruments à l’exposition universelle de 1849 sous le nom définitif de ‘Saxophone’. Il déclarera alors ce qui fut son credo :

« On sait que, en général, les instruments à vent sont ou trop durs ou trop mous dans leur sonorité. […] J’ai voulu créer un instrument qui par le caractère de sa voix pût se rapprocher des instruments à cordes, mais qui possédait plus de force et d’intensité que ces derniers ».

Le succès est là ; BERLIOZ qui restera son ami, écrit des articles plus qu’élogieux dans la presse qui compte, et composa la première œuvre comportant un saxophone : Chant sacré pour sextuor à vent dont la partition est malheureusement perdue.

HALEVY, encore lui, utilisera l’instrument dans son opéra Le juif errant (qui exploitera un quatuor de saxophones) et VERDI dans la marche de l’opéra Jérusalem fera de même.

C’est la gloire… brève… meurtrie…amère.

Des ennemis, des jaloux, des concurrents hélas nombreux, vont discréditer son travail de manière machiavélique, on va même lui voler les dessins de ses inventions et tenter de les copier. BERLIOZ fidèle, écrira dans une lettre à une intime : « avec un peu d’audace, on l’assassinerait »

Il faut dire que le climat politique de l’époque (Révolution de 1848, 1851 coup d’état de L. N. Bonaparte, Commune de Paris) ne contribue pas à améliorer une situation précaire dans laquelle il multiplie les faillites.

Étrangement il reçoit dans les mêmes années des récompenses internationales à Londres, et à Paris il devient directeur de la musique auprès de Napoléon III. Curieux destin.

Dans la pauvreté, logé par la ville de Paris, il meurt en février 1894 ; il est inhumé au cimetière de Montmartre.

Pour le jazz, le sax est introduit semble-t-il, grâce au succès qu’il obtient dans les musiques militaires de la Première Guerre, et ce seront les clarinettistes qui vont s’essayer à l’instrument ; puis, petit à petit, avec l’arrivée des musiciens blancs il prendra la place du trombone et à un degré moindre de la clarinette.

Le jazz tient son instrument fétiche

Benny Carter, Bud Freeman, Coleman Hawkins, Lester Young, John Coltrane, Dexter Gordon, Maceo Parker,  tant d’autres, peuvent arriver, le chemin leur est ouvert, leur génie va éclore, nous enchanter avec cet objet à la forme si caractéristique, l’emblème de notre journal.

Merci Monsieur SAX.

Ecrit par Jean Bellissime

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