Nouvelle : Le Sourire du Jazz

The New York Premiere of THE JAZZ SINGER, October 6, 1927

The New York Premiere of THE JAZZ SINGER, October 6, 1927

Sans M, jamais je ne serai entrée dans ce pub (M est un navigateur). Je l’écoutais toujours avec grande attention car ses expériences n’étaient pas ordinaires. Étrange conversation que nous eûmes ce soir là qui débutait par le film « The jazz singer » de Alan Crosland (1927) et qui s’achevait par… « Le cercle des poètes disparus ! »

L’ambiance festive du pub diluait sa force indiscrète : entre la diffusion d’un match de rugby (France /Angleterre) et la voix tonitruante d’un chanteur de rock. Il y avait là bien du bruit. Une lampe,  retenue à une corde, vacillait.

Tout à coup, une silhouette jazzy apparue. C’était un vieux monsieur, au sourire sublime. Il portait un chapeau melon, une redingote marine et un gant blanc. Je l’avais déjà croisé dans la vieille ville qui égrainait sa joie dans les bars de jazz. D’ailleurs, il ne marchait pas, il dansait sur l’asphalte et semblait marquer des traînées à reflets comme ceux que lancent les ailes des mouettes en joie ou des bulles de savon au soleil.

– Qui est-ce ? m’adressai-je à M
– C’est Danny Fitzgerald, un chanteur et musicien de jazz.
Il a formé un groupe « The lost and wandering blues and jazz band ».

danfitzgeraldIl a traversé l’Atlantique pour venir à Nice, terreau du jazz et se partage entre New-York et Nice. Sans connaître vraiment son instrument de prédilection, j’imaginai qu’il soufflait, qu’il appliquait sur sa bouche aimante et soufflait, une seule note grande et énorme, un peu comme Louis Amstrong, qui  gonflait ses poumons et souffla une note fondue qui s’éleva si haut dans l’azur qu’elle y gela et resta en suspens dans le ciel tel un diamant astral ainsi s’exprimait Henry Miller dans Le Colosse de Maroussi.

Louis sentit qu’il apportait paix et joie au monde entier. Mais je m’égare et Danny me regarde avec ses yeux éperdus de sagesse comme pour signifier que le jazz empêche les hommes d’être indifférent aux hommes.

Alors  sourions, le jazz est là…

Ecrit par Brigitte Dhrey

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