PORTRAIT : Raphaël Imbert « Un saxophoniste aventureux… »

Raphaël Imbert

Raphael Imbert, un saxophoniste aventureux…

Raphael Imbert a suivi un parcours atypique menant de front pratique et recherches musicales. Il a fondé la Compagnie Nine Spirit en 2000 qu’il présente comme « une plate-forme entre les traditions orales de l’improvisation et l’écriture musicale » d’où émanent ses différents projets.

En parallèle, son travail de chercheur en anthropologie musicale l’amène à effectuer de nombreux séjours dans le sud des États-Unis et à jouer avec les personnes qui représentent son terrain d’étude. Il enseigne aussi au conservatoire de Manosque où il défend une certaine idée du jazz, fondé sur l’ouverture, hors des carcans stylistiques… Nous l’avions découvert en 2011 aux Joutes Musicales de Printemps (83), aux côtés du chanteur Manu Théron pour la création Partage… Ce fructueux mariage entre jazz et culture occitane laissait la part belle à la poésie et à l’oralité autant dans les mots que dans les notes.

RaphaelIMBERT-2010-parEricFerrier

On le retrouvait en 2013 à Grasse, au Festival des Rencontres de musiques sacrées du monde, pour le projet Heavens : de Mozart à Ellington. Cette fois la Compagnie Nine Spirit s’associait au Quatuor Manfred pour tisser des passerelles étonnantes entre classique et jazz, mais aussi entre musique et franc-maçonnerie ! (à écouter dans le même esprit l’album « Bach et Coltrane »). On a vite compris que Raphaël Imbert représentait un saxophoniste passionnant par son sens de l’aventure musicale.

Bien qu’il vive dans les Alpes de Haute Provence et se tienne loin de l’effervescence parisienne, il n’en est pas moins actif et très reconnu sur les scènes hexagonales et  d’outre-atlantique. Nous avions apprécié le disque, Live au Tracteur, auquel participaient deux figures importantes de la scène new-yorkaise, le contrebassiste Joe Martin et le batteur Gerald Cleaver. Un bel exemple de la fervente passion musicale qui anime le jeu du saxophoniste ! Raphaël Imbert nous expliquait, que le Tracteur, qui se situe sur le plateau de Valensole. était un lieu où il bénéficiait d’une carte blanche. « Cet endroit se trouve en plein milieu de la campagne, à chaque concert il y a entre 80 et 150 personnes : c’est une vraie réussite de culture locale où l’on propose des musiques totalement différentes !

Ça va de la poésie occitane et du théâtre, à l’improvisation totale ou aux standards New Orleans… Il s’appelle Le Tracteur parce qu’il y a un magnifique tracteur au centre. » Actuellement, l’album à découvrir, c’est celui du Trio Bis qui réunit autour de Raphaël Imbert, Cédrick Bec (batterie) et Alain Soler (guitare). Une formule instrumentale originale qui laisse beaucoup de liberté dans les échanges et favorise l’écoute entre les musiciens. Un répertoire captivant où se croisent Monk, les Beatles, Neil Young, Ornette et quelques magnifiques compositions du guitariste et du saxophoniste. Encore une fois, l’enregistrement s’est déroulé dans le 04 en live, à Forcalquier et à Chateau Arnoux : il semble donc exister dans ce côté-là de la Provence des lieux qui osent sortir des sentiers battus du Be Bop…

Et pour finir, à lire absolument si l’on croit comme Raphaël Imbert que le jazz commerce avec le spirituel depuis toujours : le livre Jazz Suprême qui rassemble ses 10 ans de recherches sur le spirituel dans le jazz…

www.raphaelimbert.com

Ecrit par Geraldine Martin

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