RIP Gato Barbieri Requiem pour un chat

El gatoC’est une véritable légende du jazz qui vient de s’éteindre à New York à l’âge de 83 ans, un des plus grands défricheurs de territoires que cette musique ait connus.

Figure importante du mouvement free jazz et créateur du «  Latin Jazz » Leandro « Gato «  (le chat en espagnol) Barbieri  était né à Rosario, deuxième plus grande ville d’Argentine, le 28 novembre 1932 dans une famille de musiciens d’origine italienne. Très tôt intéressé par la musique, il apprend la clarinette, puis se tourne vers le saxophone après avoir entendu « Now’s the time »  par Charlie Parker. Il rejoint ensuite l’orchestre de son compatriote le pianiste et compositeur Lalo Schifrin. Il tourne en Europe, et fait à Rome la rencontre du trompettiste Don Cherry  qui l’initie au free jazz, d’autant plus que Gato est désormais influencé par John Coltrane.


C’en suite le départ pour New York, la capitale du jazz, et la rencontre décisive de la musique d’Albert Ayler  et de Pharoah Sanders (il collaborera beaucoup par la suite avec le pianiste de ce dernier, Lonnie Liston Smith).  Il fréquente les clubs de la « Grosse pomme » où sa silhouette immédiatement reconnaissable, avec ses cheveux longs et son grand feutre noir, est bientôt familière à tous les musiciens de l’avant-garde.

viet-blues-barbierisandersIl participe à de nombreux projets,  dont le Liberation Music Orchestra de Charlie Haden, et « Escalator over the Hill » de Carla Bley, deux enregistrements dans lesquels le son rocailleux de son ténor fait merveille.


Il retourne ensuite en Europe , en France et en Italie, et signe la musique du film « Last Tango in Paris«  de Bernardo Bertolucci, qui connaît un grand succès, et pour laquelle il obtient un Grammy Award.

Puis c’est la trilogie dite « révolutionnaire » avec trois albums faisant référence à la lutte des peuples sud-américains pour la démocratie :

Chapter One: Latin America (Impulse!, 1973)
Chapter Two: Hasta Siempre (Impulse!, 1973)
Chapter Three: Viva Emiliano Zapata (Impulse!, 1974).


Au milieu des années 70, il partage son temps entre New York, la Californie et l’Argentine. Sa musique s’oriente désormais vers la fusion des musiques latines et du jazz-rock, qui à l’époque est en plein essor. Il obtient d’ailleurs à ce moment là son plus grand succès discographique avec sa reprise du morceau «  Europa » de Santana.

Sévèrement touché par la mort de son épouse  Michelle, compagne des premiers jours, (il  dédia d’ailleurs à sa mémoire très beau morceau « Eclipse Michellina »)  il se fait de plus en plus rare sur les scènes mondiales.

Sa dernière apparition dans notre région remonte au débuts des années 80 à Jazz à Juan.  Son dernier album « New York Meeting » date de 2010. Affaibli par la maladie, il continuait à composer , mais ne jouait pratiquement plus. Un passeur, un révolutionnaire, une figure historique. R.I,P. « El Gato ».

Illustration «  Viet Blues ‘ Munoz et Sampayo, Casterman, 1975. (épuisé, hélas…)

Ecrit par Gilbert D'Alto

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