#Sur La Piste d’un 33 Tours Cortex

Sur la piste d’un 33 tours Cortex / inédits 79  (Underdog en 2006) 

25838-inedit-79-lun-02222010-1842

Inédits 79 est édité par le label français Underdog en 2006. Cet album compile les derniers morceaux enregistrés en 1979 par le groupe de jazz-funk Cortex, 3 ans avant sa séparation, et dont les bandes étaient condamnées à rester dans les cartons.

Cortex, c’est une histoire de connexions : celle d’Alain Mion, claviériste et chanteur, de Jeff Huttner et d’Alain Gandolfi, respectivement bassiste et batteur, rencontrés dans un club de jazz du Marais. C’est également une aventure d’esprits libres. Nous sommes en 1974 ; le public Français s’est montré par le passé peu réceptif aux vocabulaires novateurs, en sifflant Coltrane à l’Olympia, ou en chahutant Cannonball Aderley à Pleyel. Alain Mion, pour sa part, a soif d’explorations audacieuses et affectionne le groove exprimé par des artistes aussi divers que Sergio Mendès, Elis Régina, Les Mc Cann, Jimmy Smith, Jean-Luc Ponty ou Georges Arvanitas.

De ces aspirations profondes partagées par le trio, naît le groupe Cortex, une des formations les plus singulières du jazz Français. L’aventure durera quelques années avec 4 albums produits, dont le premier bijou, Troupeau Bleu (1975) augure des traits distinctifs qui marqueront l’oeuvre du groupe. Alain Mion reconnaît notamment l’amour « des claviers et des basses Moog, et des rythmiques hyper carrées d’Alain Gandolfi, dont je compare le travail de l’époque à celui de Stix Hooper ou Harvey Mason pour la précision et ce sens du swing, ce placement à l’intérieur d’une rythmique binaire immuable ».

Cette rythmique n’échappera pas, bien des années plus tard, à nombre de producteurs hip hop tombés en pâmoison sur la formidable réserve de samples qu’offraient des opus tel que Troupeau Bleu. Cortex pouvait renaître de ses cendres encore fumantes, à travers les productions emphatiques d’un Mf Doom ou d’un Madlib.

Au début des années 2000, la rencontre d’Alain Mion et de Maxime Peron du label Underdog, accessoirement fan de Cortex, est à l’origine du projet d’éditer les inédits 79.  Cette compilation regroupe 12 enregistrements effectués dans une ancienne ferme de Seine et Marne, reconvertie en studio à la fin des années 70. Du groove ultra funky du morceau A Winning Team, aux accents disco de Bring My Bonnie Back, jusqu’au tempo plus lent de Mailys, les invitations au déhanchement compulsif ne manquent pas. Si les irrésistibles choeurs féminins de Moanin rappellent le Cortex des origines, les compositions depuis Troupeau Bleu ont évolué : plus mélodiques, l’influence du courant disco est désormais manifeste. « Nous étions de plus en plus imprégnés par la production Tamla Motown, par des groupes comme Parliament, Graham Central Station, Gap Band, Earth Wind & Fire, etc… mais nous n’avions pas oublié le jazz pour autant », se rappelle Alain Gandolfi. Le jazz est là, en effet, toujours en filigrane, expiration d’un souffle vital qui anime l’âme de Cortex depuis plus de 40 années.

Tracklisting :

1.I Heard A Sigh

2.Back To My World

3.Said I Do

4.A Winning Team

5.High On The Funk

6.Bring My Bonnie Back

7.Moanin’

8.Stand And Move

9.Hannibal March

10.The Sky Is Grey, I’M So Blue

11.Mailys

12.Emily

http://cd1d.com/fr/album/inedit-79

Ecrit par Benjamin Grinda

2 Commentaires

  1. Pingback: Sur la piste d’un 33 tours Cortex / inéd | Imago records & production

  2. Poulpyjazz 15 août 2016 8 h 39 min / Reply

    Cortex … de vieux souvenirs du siècle dernier ! En 1975 ou 75 j’achetais des disques au quartier latin, je demande au disquaire quel est le disque diffusé dans la boutique .. Il me répond que c’est Cortex, qui joue le soir même dans une boite Montée Sainte Geneviève … j’achète le 33 T, et me pointe le soir à l’adresse indiquée, avec un ami américain. Au RdC, un orchestre brésilien et au 1° sous sol, Art Blakey en trio avec je ne sais plus qui … nous restons donc à écouter Art Blakey jusqu’à la fin, vers 1h du matin. Après avoir salué Art dit en Américain en se marrant :  » Vous pouvez descendre en dessous écouter KOTEX « … Blague qui fait mourir de rire mon ami américain, mais pas du tout moi qui ne connaissais pas cette marque, pas du tout diffusée en France à cette époque …..mon ami m’explique que c’est l’équivalent de Tampax, pour ceux qui ne connaissent pas …

    On descend au 2° sous sol, c’est bourré pour Cortex, les seules places libres sont devant la grosse caisse…. je m’installe donc l’oreille juste au niveau de la caisse sur l’estrade … à la fin du set,je vais discuter avec Alain Mion et lui dis que j’ai acheté son 33 l’après midi …Dernier set, vers 3h et demi …ça faisait la troisième nuit que dormais très très peu, étant en stage de 8 h à 17 h à l’autre bout de Paris … pendant ce set, malgré la grosse caisse dans l’oreille, je m’endors un instant, vaincu par la fatigue.. A la fin du concert, je vais féliciter Mion, qui me dit qu’il a vu que je dormais… je lui réponds cette phrase devenu culte, que je ressors à l’occasion :  » Ce n’est pas parce que je ferme les yeux et que je ronfle que je perds une seule note de ce que vous jouez !  » ….. 😉

    J’ai retrouvé il y a quelques temps Alain Mion sur FB et lui ai rappelé ce gag ….

Laisser un commentaire

  • Les concerts Jazz et +

  • Le Jazzophone