Marquis Hill Blacktet, le spiritual jazz d’aujourd’hui

Magnifique affiche pour ce deuxième jeudi du jazz au Théâtre Alexandre III : le Blacktet du trompettiste de Chicago Marquis Hill . C’est un groupe à géométrie variable de musiciens afro-américains. Pour cette soirée, c’est un quartet de haute volée qui se présente sur scène…

Pour cette tournée européenne, Marquis Hill a réuni autour de lui le guitariste Emmanuel Michael, qui joue aussi avec Marcus Gilmore, Ambrose Akinmusire, Sullivan Fortner ou Bill Frisell. Le contrebassiste Junius Paul fait partie de la nouvelle mouture de l’Art Ensemble of Chicago et du groupe de Makaya McCraven. Quant au batteur Jonathan Pinson, on l’a entendu auprès de Gilad Hekselman, de Kamasi Washington ou dans le quartet de Mark Turner.

Le set commence en douceur, une lueur orange éclaire la scène. Quelques clochettes hindoues et quelques percussions précèdent les premières notes du guitariste, tout en bas du manche, les cordes à peine effleurées. Enfin, Marquis Hill embouche sa trompette,

Marquis Hill a réuni autour de lui pour cette tournée européenne, le guitariste Emmanuel Michael, il joue aussi avec Marcus Gilmore, Ambrose Akinmusire, Sullivan Fortner ou Bill Frisell. Le contrebassiste Junius Paul fait partie de la nouvelle mouture du Art Ensemble of Chicago et du groupe de Makaya McCraven. Quant au batteur Jonathan Pinson on l’a entendu auprès de Gilad Hekselman, Kamasi Washington ou dans le quartet de Mark Turner.

Le set commence en douceur, une lueur orange éclaire la scène. Quelques clochettes hindoues, quelques percussions avant les premières notes du guitariste, tout en bas du manche, les cordes à peine effleurées enfin Marquis Hill embouche sa trompette,

et lance un léger ostinato que vient percuter le batteur. Les toms et les cymbales résonnent, mais, imperturbables, guitare et trompette poursuivent leur duo, à peine rythmé par les cordes de la contrebasse. Une atmosphère de méditation. Les morceaux s’enchaînent sans interruption, comme l’eau qui descend paisiblement le long d’un fleuve. Junius Paul

nous offre un superbe solo à deux doigts, majeur-index, magnifique sonorité, ça claque et ça coule à la fois. Il est bientôt suivi par un chorus d’Emmanuel Michael

dans un style qui rappelle celui d’Allan Holdsworth ou de Frédéric L’Épée. Pas totalement planant, mais sans la moindre agressivité. Un délice. Vers la moitié du concert, la lumière passe au bleu pâle et le ton monte un peu : le tempo s’accélère, Marquis Hill souffle plus fort dans sa trompette, Jonathan Pinson ponctue plus fermement la mélodie,

la basse ronronne plus fort, mais l’esprit reste le même, l’émotion est toujours là. On reste dans cette bulle de jazz jusqu’à la fin du rappel, court mais dense. Les musiciens quittent la scène, mais le public s’attarde encore un moment, assis, comme pour prolonger cette communion avec la musique. Puis, doucement, tout le monde se lève et rejoint la nuit.

Un concert intense, tendu, méditatif : du spiritual jazz. Coltrane et Pharoah Sanders étaient là aussi, quelque part avec nous.

www.marquishill.com

Le 22/10/26 au Théâtre Alexandre III – Cannes (06)

 

Ecrit par Jacques Lerognon

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