#Interview Bruno Chevillon

Bruno Chevillon a donné un unique concert solo le dimanche 6 mai à 18h à la Cave Bianchi à Nice dans le cadre des « Jazz Solo Legends » organisés par ABC Music Project et Imago records & production. Le Jazzophone l’a rencontré à l’occasion du Worshop précédant le concert…

Le Jazzophone : Bruno, tu as commencé la contrebasse classique au conservatoire d’Avignon.

Bruno Chevillon : Oui, en parallèle à un cursus des beaux-arts dont je suis diplômé et spécialisé en photographie, j’étais étudiant et le seul moyen d’apprendre la contrebasse était de rentrer au conservatoire, mais dès le départ , j’ai toujours voulu faire du jazz;  quant à la contrebasse, je ne saurais trop dire pourquoi si ce n’est que j’avais le sentiment que même si ce n’était pas l’instrument mis en avant dans le jazz, c’est celui qui me « parvenait » , sur lequel j’arrivais à faire un focus. C’était une classe ou certains étaient en « voie de garage », ayant raté le violon ou l’alto et n’avaient qu’un désir assez mou de la contrebasse, alors que moi j’ai plutôt pallié les difficultés d’avoir débuté adulte par un fort désir de l’instrument. Cependant en entrant au conservatoire, je n’avais pas l’intention de devenir musicien professionnel, pour moi c’était la photographie. Je commençais à jouer un petit peu, car une classe de jazz s’était formée, mais une fois mon diplôme des beaux-arts en poche, j’avais plutôt dans l’idée de faire quelques mois sabbatiques de musique puis d’aller faire de la photo d’architecture en Italie.

L J : il y a une belle architecture en Italie en effet.

B C : C’est aussi que j’ai une partie de ma famille qui est italienne et j’ai une passion particulière pour ce pays et pour la langue, puis il y avait des architectes qui m’intéressaient là-bas. 

À cette période, je rencontre Louis Sclavis et puis finalement, hasard ou pas, je commence à faire de la musique et je n’ai jamais arrêté.

L J : Comment as-tu découvert le jazz ?

B C : Je suis d’une génération qui a été bercée par le rock des 70’s, ce qui ne m’a jamais quitté, mais il se trouve que dans le côté italien de ma famille , il y avait des musiciens,  un oncle contrebassiste et un saxophoniste que j’allais écouter jouer à Milan, et donc j’ai découvert cette musique-là , avec de vrais groupes dans de tout petits lieux , qui est beaucoup plus classique que ce que j’ai fait après, mais j’ai aimé de suite et m’y suis intéressé d’une manière forte.

L J : Tu es beaucoup associé à la scène jazz contemporain, d’avant-garde et musiques improvisées, as-tu pratiqué le jazz « classique »? Be-bop, modal ?

B C : Non je n’ai jamais travaillé ça, car le hasard de mes rencontres musicales a fait que je travaillais avec des gens qui avaient un pied dans l’improvisation et le contemporain écrit, mais j’ai beaucoup écouté de jazz classique, j’en ai une connaissance d’amateur éclairé. Je découvre en même temps la musique improvisée et le contemporain qui me fascine de suite de par les timbres, les espaces sonores, ça me permettait d’être en recherche, de trouver des trucs un peu à moi.

L J : Tu as publié un album solo : « Hors champ », pour toi, quelle est la différence entre le solo et le groupe, as-tu une préférence ?

B C : C’est équivalent, j’ai besoin de passer du solo au groupe, de l’écrit à l’improvisé, de l’acoustique à l’électrique. Tout ça se nourrit mutuellement tout en restant malgré tout dans la même famille esthétique.

L J : Tes projets en cours ?

B C : On va rejouer « Spirale » une pièce très scénographiée et très écrite de Samuel Sighicelli avec qui j’ai aussi le groupe « Caravaggio » dans lequel jouent également Benjamin de la Fuente et Éric Echampard qui mêle acoustique, électro, des choses très texturées ce qui rassemble tout ce qui me fait envie, c’est un groupe ou il n’y a pas de limites esthétiques, on joue tout ce qu’on aime jouer du coup ça mélange des esthétiques assez différentes, du contemporain au rock voir au punk. Ce qui nous intéresse dans ce projet c’est de trouver comment mélanger ces univers dans un objet cohérent. Je continue également ma route avec Michel Portal, Daniel Humair, Marc Ducret pour ce qui est de mes projets, disons plus jazz puis il y a le solo, j’ai fait pendant longtemps un solo sur Pasolini dont j’ai un peu fait le tour, là, je suis plus sur une idée de solo ou l’acoustique et l’électrique s’apprivoisent l’un l’autre. C’est toujours très intéressant, car je m’octroie beaucoup de libertés dans un parcours très défini ; c’est aussi un endroit, le parcours solitaire, où il y a beaucoup d’idées nouvelles qui peuvent arriver ce qui donne de nouveaux points de départ de travail.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Chevillon

Ecrit par Jean-Christophe Bournine

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