Interview : Thomas Enhco

Thomas Enhco… encore et encore !

Thomas-Enhco-SF-2-RCUn peu méconnu du grand public, Thomas Enhco est certainement le plus prometteur des pianistes de jazz., à 27 ans il a depuis une dizaine d’années un CV que d’autres artistes n’ont pas dans toute une carrière.

Prolifique dans ses compositions, demandé sur toutes les scènes du monde, qu’il fasse glisser son archet sur les cordes de son violon ou ses mains sur les touches du piano, il a vite appris en grandissant dans un cocon musical et familial exceptionnel (1) . On se souvient de l’avoir vu et entendu pour certains d’entre nous en 1998 au Festival Jazz à Juan présenté par celui qui sera plus tard son beau père, le violoniste Didier Lockwood. A 14 ans, il forme son premier trio rejoint par son frère David, un trompettiste qui déroule aussi une belle carrière et, à 18 ans il sort son premier CD Esquisse et l’on découvre véritablement son grand talent  quand il compose le Jazz et la Diva où la soprano est tout simplement sa mère, Caroline Casadesus. Ses dernières compositions, sur un fond très intime, se retrouvent sur son CD Feathers, enregistré après un séjour à New York.

Thomas Ehnco «…j’ai vécu là bas 3 ans et j’ai vécu des choses très diverses, notamment une histoire d’amour aussi belle que difficile et c’est en grande partie autour de ça que j’ai écrit cet album, pour moi, la musique et notamment le piano sont des moyens d’expression des sentiments très profonds parfois difficiles d’écrire avec des mots, avec la musique, c’est plus facile pour moi d’expliquer des choses en demi teinte, avec beaucoup de nuances et de subtilité»

Jean Pierre Lamouroux  «Y a-t-il une grande différence de composer pour une interprétation classique ou jazz ?»

Thomas Ehnco «Dans le jazz, on est extrêmement libre, on improvise beaucoup, moi je suis compositeur, j’écris les musiques que je joue donc, je me sens libre et puis, j’improvise, c’est comme s’il y avait un terrain entièrement ouvert où je peux aller où je veux. J’adore le classique aussi mais là, le terrain est délimité pour moi»

Jean Pierre Lamouroux «Êtes vous influencé à l’écoute de musiciens, de poètes, de compositeurs ou d’autres artistes ?»

Thomas Ehnco «En fait, j’écoute beaucoup de choses différentes, j’ai évidemment grandi avec les classiques du jazz, Miles Davis, Coltrane et depuis au moins 10 ans, je suis vraiment passionné par le jeu pianistique de Brad Mehldau, Keith Jarrett, j’ai écouté tous les grands, toutes les légendes du jazz mais, j’ai aussi écouté du classique, des chansons françaises et, c’est vrai que les chansons de Brel et Léo Ferré, à mon avis, m’ont autant influencé dans mon écriture»

Jean Pierre Lamouroux  «Vous avez des préférences pour jouer en solo, en duo, en trio, en quartet, avez vous envie un jour de jouer avec un orchestre philharmonique?»

Thomas Ehnco «Bien sûr, c’est aussi en projet pour l’an prochain avec un répertoire sur Mozart…vous tapez en plein dans le mille parce que j’aime énormément jouer en solo pour la liberté, l’intimité que ça offre, en duo aussi, le trio c’est une formule magique, en quartet parce qu’il y a un équilibre carré tout simplement. J’ai rarement fait plus que le quartet à moins d’être dans de grandes formations en orchestre philharmonique ou orchestre de chambre, j’ai aussi pas mal de projets classiques qui arrivent, les quatre mains avec Michel d’Alberto avec le quatuor Modigliani. Il y a aussi plein de choses qui se passent en ce moment et qui se profilent à l’horizon. C’est vrai que j’ai beaucoup de chance, depuis un moment, beaucoup de choses dont j’ai rêvées se sont réalisées quelques années plus tard mais j’aimerais bien aussi jouer avec Wayne Shorter, John Scofield, Pat Metheny, Marcus Miller»

Jean Pierre Lamouroux  «Le piano pour vous, c’est l’instrument  par excellence où l’on peut tout faire ?»

Thomas Ehnco «C’est l’instrument roi pour l’orchestre, polyvalent qui a une énorme tessiture, qui peut être soliste, accompagnateur orchestre et puis, il y a autant de piano chez les Beatles que dans le rap et le classique»

Jean Pierre Lamouroux «Donc, Thomas Enhco n’est jamais rassasié de rien ?»

Thomas Ehnco «Quand je suis rassasié, je vais me coucher !»

(1) La fratrie Casadesus depuis Luis né le 26 mars 1850 compte en 5 générations 26 musiciens sur les 42 descendants qui sont aussi artistes (peintres, sculpteurs, comédiens).

www.thomasenhco.com

Ecrit par Jean-Pierre Lamouroux

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