#JAZZ&ART #2 Histoire de la pochette de disque de Jazz 1950-1956

David Stone Martin, spécialiste et génial portraitiste, utilisa une technique de ligne d’encre simple. Ses dessins délicats et souvent teints dans des pastels sympathiques reflètent toujours une atmosphère de jazz subtile.

Ami de Norman Granz, il va imposer son style épuré dans les années 50 pour les labels Clef, Norgran, et Verve, dessinant quelque 400 pochettes de disque, la plupart dans le domaine du jazz. Les pochettes de David Stone Martin sont considérées comme des œuvres d’art et recherchées par tous les collectionneurs.

L’illustrateur David Stone Martin a été l’un des graphistes les plus prolifiques et influents de l’après-guerre. Martin a conçu les pochettes d’albums des musiciens de jazz, tels que Stan Getz, Count Basie, Charlie Parker, Billie Holiday, Coleman Hawkins, John Coltrane, Ella Fitzgerald, Dizzy Gillespie, Jelly Roll Morton et Duke Ellington et bien d’autres.

La pochette réalisée pour le quartet de Lionel Hampton (Clef) montrant un foisonnement de baguettes en action est un bel exemple de son art : c’est la vélocité du musicien qui est ici représentée par un effet graphique simple qu’il donne envie sur-le-champ d’écouter le maître du vibraphone swinguer.

L’alter ego de David Stone Martin s’appelle Burt Goldblatt et travaille lui pour le label Bethléem dont il est devenu le Directeur du design en 1953. Il a conçu quelque 3000 pochettes. L’illustration d’un album de Carmen McRae en 1955 composée de neuf petites images présentant à divers moments les lèvres de la chanteuse en action ne manque pas d’humour et est restée célèbre.

Son dessin particulièrement expressif et sa façon très originale de jouer avec les couleurs et la perspective tiennent parfois du génie comme en témoigne l’une des plus belles pochettes réalisées pour un disque de blues : Robert Johnson, King of the Delta Blues Singers chez Columbia.

Un autre exemple réussi de conception originale est la pochette réalisée pour le pianiste George Wallington montrant le contrebassiste Curly Russell et le leader au second plan entre les bras du batteur Max Roach. Ici, c’est l’image qui grâce à sa conception osée et originale frappe avant le texte. À la vue de cette pochette, on est tenté de se rapprocher pour lire les informations concernant les titres et les musiciens et c’est le but recherché : car une fois piégé, il y a beaucoup de chance pour que l’amateur achète ce disque.

Le procédé d’impression en offset et l’amélioration des techniques photographiques aidant, la pochette de disque commence à s’ouvrir largement à la photographie à partir du milieu des années 50. Le jazz aussi s’est transformé.

On ne juge pas un livre à sa couverture …. ni un disque à sa pochette ! Mais…

À suivre.

Ecrit par Jacky Ananou

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

  • Les concerts Jazz et +

  • Le Jazzophone