#JAZZ&ART Bitches Brew – Miles Davis – Maty Klarwein


Bitches Brew 1969 Miles Davis par Jacky Ananou
Artiste concepteur : Mati KLARWEIN
Comment représenter les contraires musicaux en contraires picturaux.
L’artiste peintre Mati Klarwein, correspondait, « Je suis à moitié allemand, à moitié juif avec une âme arabe et un cœur africain »,
Son père – un architecte de l’école du Bauhaus – sera amené à construire la Knesset à Tel-Aviv (parlement de l’État d’Israël). Il fera bientôt admettre son fils à l’Académie d’Art Bezalel de Jérusalem
En 1948, au cours de ses multiples voyages, il se lie en France avec  le groupe des existentialistes, Jean-Paul Sartre, Boris Vian, Tristan Tzara et tous les musiciens de Jazz de cette période. Très influencé par le surréalisme, il découvre Ernst Fuchs et le réalisme fantastique qui va déterminer son parcours artistique. Après de nombreux voyages, Mati Klarwein se lie d’amitié avec Timothy Leary, pape du Psychédélisme et du LSD avec qui il partage l’idée de l’existence vécue comme un art.
DE 1967 à 1969, le mouvement psychédélique atteint son sommet avec les groupes rock Grateful Dead, Jefferson Airplane, les Doors, Jimi Hendrix, les Pink Floyd…. Les affiches de concert et les couvertures d’album participent pleinement à ce mouvement.
Il s’installe à Paris et son studio devient souvent le lieu de jam-sessions nocturnes avec des musiciens tels le saxophoniste Ornette Coleman ou le sitariste Ravi Shankar….
En 1967 retour à New York, il va rencontrer le trompettiste Miles Davis qui lui demandera de réaliser les couvertures de plusieurs de ses albums. Avec Miles, le jazz est à cette époque en train de fusionner pour la première fois avec le rock et le funk.
La pochette du double album mythique « Bitches Brew » paru en 1969 réalisée par Mati Klarwein joue sur l’association des contraires avec les portraits de femme noire et blanche, l’obscurité et la lumière. D’autres associations viennent se mélanger dans cette peinture, la colère et l’amour, l’intimité amoureuse et la solitude, la force et la faiblesse.  L’œuvre est très liée au climat politique de l’époque avec la contreculture du début des années 70 et le mouvement « Black Power ». La musique de Miles fait retrouver à Mati tous ses souvenirs, l’Afrique et ses expériences psychédéliques. Comment un artiste peut matérialiser la folie, le génie, et l’ingéniosité créatrice pure d’un album révolutionnaire tel que Bitches Brew en une seule peinture? L’imagerie profonde et foisonnante du peintre, aussi difficile et complexe que l’album lui-même, a réussi la fusion des extrêmes.
Viendront ensuite des pochettes pour Santana, Jerry Garcia, Earth Wind and Fire, et encore une autre pour Miles Davis
Mais laissons parler à ce propos Glenn O’Brien, écrivain et ami d’Andy Warhol, qui s’exprime en ces termes en 2002 : « L’œuvre de Mati Klarwein est une synthèse visuelle parfaite du magique amalgame de funk, rock, jazz et psychédélisme chez Miles ».

Ecrit par Jacky Ananou

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