#LIVEREPORT : Nice Jazz Festival 2017, day 5 & clôture.

Et voilà, tout a (hélas) une fin, et le Nice Jazz Festival entamai ce vendredi 21 juillet 2017 sa dernière soirée.

Soirée qui commença avec Spirale Trio, gagnant du tremplin du Nice Jazz Festival 2015, Mais seulement une demie-heure fut accordée à Laurent Rossi et ses complices pour créer leurs entrelacs mélodiques, et nous avons du nous rapatrier prestement à l’Espace Presse pour l’annonce du bilan du Nice Jazz Festival, et la proclamation des gagnants du Tremplin du Nice Jazz Festival 2017, co-organisé par la ville de Nice et Imago records & productions. Les dits gagnants sont donc le Jef Roques Quartet, qui se verra programmé au Nice Jazz Festival 2018, et bénéficiera d’une première partie dans une des salles de concert de la ville. Quant au prix du public, il a été remporté par le quartet de Noé Zagroun, qui se verra programmé au « Off » du Nice Jazz Festival 2018

Nous avons ensuite quitté l’Espace Presse pour aller les gagnants du Tremplin Nice Jazz Festival 2016, à savoir le quartet de Pierre Marcus. Un moment fabuleux grâce à la beauté des compositions de Pierre et à la virtuosité de ses compagnons   Fred Perreard : piano,  Thomas Delor,  batterie, et surtout Baptiste Herbin : saxophone alto, dont nous avions déjà dit tout le bien que nous en pensions lors de l’ouverture de Jazz à Juan). De l’avis de notre confrère et collaborateur, Claudio Citarella, tout simplement l’ un des meilleurs moments du festival.

Un passage Scène Masséna pour y découvrir Khadja Bonet mais la jeune californienne ne réussit point à nous convaincre car si sa voix est fort jolie, son jeu de guitare reste approximatif, et son folk & soul  par trop intimiste pour une scène de cette taille.

Retour au Théâtre de Verdure où nous attendait Henri Texier (contrebass ) et ses Sky Dancers 6  (Sébastien Texier : saxophone ténor / François Corneloup : saxophone baryton / Manu Codjia : guitare / Armel Dupas : piano / Louis Moutin : batterie) pour une musique passionnante, riche et complexe, avec des envolées lyriques des cuivres et de la guitare. Une musique entièrement dédiée aux Indiens d’Amérique du Nord et du Sud avec des titres comme « Lakota » ou « Hopi »

Côté Masséna, une bonne surprise avec Myles Sanko. Le soul crooner londonien possède une voix chaleureuse et ses compositions rappellent les grands moments de la soul music des 70’s, et des artistes comme Marvin Gaye ou Gil Scott -Heron, avec comme chez ces derniers des textes  politiquement engagés. Et pour l’accompagner un groupe funky à souhait. Belle découverte.

Il était temps d’aller écouter celui qui pour beaucoup restera la découverte majeure de festival 2017, je veux bien sur parler de Kamasi Washington. Le géant débonnaire arriva sur scène avec une grande tunique africaine accompagné de son groupe dans lequel son propre père, Ricky Washington,  (« Il m’a tout appris »)  tient le saxophone soprano et la flûte. Dés le premier morceau, le Californien nous emporta dans un délire de sons pharaoniques (clin d’oeil à Pharoah Sanders qui l’a visiblement très inspiré)  qui emportent tout sur leur passage. Le second morceau fut une version très personnelle de  »Clair de lune » de Claude Debussy (« un de mes compositeurs préférés »), absolument magnifique. Le vent de la révolte souffla sur le troisième morceau que la chanteuse, dont hélas nous n’avons compris le nom, interpréta le poing gauche levé en signe de fierté afro-américaine. Puis le pianiste Brandon Coleman de lança dans un groove très funky au synthétiseur, appuyé par les frappes conjuguées des deux batteurs, et le jeu très rythmique du bassiste. Un concert tout simplement magique qui prouve la vigueur et le renouvellement éternel de la « Great Black Music« .

Et c’est justement aux sources ce cette black Music que se rendit Matthieu Chedid, alias M, qui clôturait le Festival sur la scène Massena, en allant au Mali chercher des musiciens pour accompagner ses nouvelles compostions, et pas n’importe lesquels puisque il s’est entouré de Fatoumata Diawara, fantastique (et magnifique) chanteuse et danseuse que nous avions vu au Nice Jazz Festival 2015 avec Roberto Fonseca,  et Toumani Diabaté et Sidiki Diabaté à la Kora, plus une rythmique « occidentale » Habituelle, basse et batterie avec un son plus « rock ». Un concert qui illustrait les paradoxes de M, artiste doué et créatif, talentueux, mais tombant parfois dans la facilité comme avec sa reprise du  »Sauvez l’amour » de Daniel Balavoine, il le reconnut lui-même avec humour, sonnait assez bizarrement dans un festival de Jazz… Néanmoins, une expérience musicale très intéressante qui se conclut sur un « Machistador » enlevé à la puissance dix.

IL était temps de nous diriger vers le Shapko Bar où se tenaient des jam sessions animées par Pierre Marcus et son groupe, et où se sont précipités de nombreux musiciens constituant la crème de la scène française, voire internationale (Johnny O’Neal, Rémi Vignolo, Trombone Shorty, Baptiste Herbin,  etc.). La jam finale d’hier soir  fut particulièrement mémorable, avec un Baptiste Herbin s’époumonant de plus belle,  la venue de Brandon Coleman qui faillit renverser le piano, les drummers se succédant ; Thomas Delor, Thomas Galliano, Rémi Vignolo passant de la contrebasse à la batterie, Alexis Avakian qui rendra hommage à Coltrane ce soir au Hard Rock Café, joignant son ténor au volubile alto,de Baptiste, et plein d’autres musiciens… Un grand moment qui clôturait de belle manière cette édition 2017. Rendez vous  l’année prochaine.

Photos : Julien Sanine, Alain Fontana.

www.nicejazzfestival.fr

www.hardrock.com/cafes/nice/fr

http://shapkobar.fr

Ecrit par Gilbert D'Alto

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