#LiveReport : le NJO reçoit Jairo au Théâtre Francis Gag

C’est devenu une habitude depuis 10 ans, chaque année au début du mois de Février le Nice Jazz Orchestra dirigé par Pierre Bertrand (saxophone alto, flûte, arrangements), Christian Pachiaudi (contrebasse) et Alain Asplanato (batterie) investit pendant un week-end le Théâtre Francis Gag dans le Vieux Nice, avec chaque fois un programme différent.

C’est en grande formation que le NJO s’est présenté au public les 1er et 2 février 2019 pour un concert exceptionnel qui se déroulait en deux parties. La première permit d’admirer la formation dans de nouvelles compositions et la seconde d’accueillir le chanteur argentin Jairo. A cette occasion, nous retrouvons cet orchestre avec une line-up de grande qualité (rappelons que plusieurs membres de l’orchestre sont professeurs au CNRR) Outre les précités, il y avait là Philippe Bleuez (bugle) Joël Chausse (trompette), Frédéric Luzignant (trombone) Jean-Marc Baccarini (saxophones ténor et soprano) Christian Bonicchi (sax baryton) Philippe Galloix (tuba) Minino Garay (percussions), Fred D’Oelsnitz (piano) et « last but not least » Marjorie Martinez au chant.

Ils attaquent avec deux nouvelles compositions instrumentales de Pierre Bertrand « Aqua » et « Hymne », qui mettent en vedette le saxophone soprano de Jean-Marc Baccarini. Puis Marjorie Martinez fait son apparition, somptueusement vêtue d’une robe de soirée (rouge le vendredi, noire le samedi) et chante un premier morceau en espagnol, puis une nouvelle composition de Pierre Bertrand « En liberté » suivi d’une autre, « Pas Sans toi ». S’ensuit une reprise (en brésilien, s’il vous plaît)  du « Mas Que Nada » de Jorge Ben, avec un chorus effréné de Fred D’Oelsnitz au piano, qui sera d’ailleurs l’un des principaux solistes de ces deux soirées, avec Pierre Bertrand lui-même, très présent à la flûte traversière. Puis arrive le morceau de bravoure de cette soirée hispanisante : le fameux « Spain » de Chick Corea, avec son introduction citant le « Concerto d’Aranjuez » de Joaquin Rodrigo. Un véritable feu d’artifice autour de ce thème qui permit aux solistes de s’exprimer pleinement. Tout d’abord Fred D’Oelsnitz, époustouflant comme à son habitude, puis Christian Pachiaudi, swinguant à souhait, Frédéric Luzignant, impérial et enfin Pierre Bertrand qui conclut par un aérien chorus de flûte. Grand moment.

Puis annoncé par Pierre Bertrand, Jairo fit son entrée. Svelte, la soixantaine sportive, la crinière argentée, l’homme a une belle prestance et sa voix est toujours impeccable. Il commence par un classique du folklore argentin, encouragé fortement par les percussions de Minino Garay, puis enchaîne avec une version d’une chanson peu connue d’Aznavour « Qui ? », pourtant magnifique (quel texte !) et qui donne une nouvelle fois à Fred D’Oelsnitz l’occasion de se fendre de l’un des chorus dont il a le secret. Jairo nous explique que la chanson qu’il va chanter ensuite est l’une des plus connues du répertoire argentin. Il s’agit de « Alfonsina del mar » popularisée ici par Avishai Cohen. Très belle interprétation, pleine d’émotion pour cette ballade contant le suicide d’une poétesse. Retour à des choses plus légères avec le fameux « Elisa » de Gainsbourg chanté en duo avec Marjorie Martinez sur un rythme calypso, puis une reprise du fameux « Le Métèque » de Georges Moustaki, qui emporte la bruyante adhésion de la foule. Suit « Valderama » encore un extrait du folklore argentin, histoire d’un estaminet devenu célèbre, avec les cuivres soufflant la tempête sur ce morceau .« La Foule » c’est justement le titre du prochain morceau, rendu célèbre par Édith Piaf, mais qui à l’origine est une chanson argentine. Tonnerre d’applaudissements dès les premières paroles… Et une conclusion en forme d’apothéose avec un thème ramenant aux racines indiennes de Jairo qui pour l’occasion a appelé son fils Chico sur scène, pour un renfort aux percussions. Conclusion absolument improvisée, l’orchestre n’ayant jamais répété ni même joué ce morceau. Fantastique final pour ces deux jours de pur plaisir.

www.nicejazzorchestra.fr

www.theatre-francis-gag.org

Ecrit par Gilbert D'Alto

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