#LIVEREPORT #1 – Peillon Jazz Festival 2026

Quatre sets par soirée pour ce 6e Peillon Jazz Festival. Le premier commence peu après 17h30 sous un chaud soleil qui convient aussi bien au nouveau projet Mano Figa du trompettiste Nicolas Gardel qu’au Timba a la Americana du pianiste cubain Harold López-Nussa qui le suivra avant les très attendus Kyle Eastwood et The Getdown.

Nicolas Gardel, accompagné de ses acolytes Arthur Guyard : piano, Thomas Boude : contrebasse et Julien Garin : percussions,

décline quelques titres de son dernier album. Une musique chatoyante caliente inspirée par ses voyages en Amérique du sud où il a retrouvé les origines de sa famille.

Du jazz latino mâtiné de flamenco avec les sonorités singulières que donne les percussions sur le son chaleureux de la trompette. Une partie du voyage est déjà faite pour arriver à Cuba où nous attend Harold López-Nussa. Les pieds frétillent dès les premières notes des dos hermanos Harold (une main sur le Rhodes, l’autre sur le piano)

et Ruis Adrion aux baguettes. Thibaud Soulas assure un tempo aussi précis que chaloupé derrière sa contrebasse.

 Mais le plus surprenant est la présence de l’harmoniciste suisse et virtuose Grégoire Maret. Son harmonica chromatique, souvent survolté, donne des tonalités surprenantes dans ce jazz cubano.

Il volerait presque la vedette au pianiste tant son jeu est prenant, habité. Et le duo entre eux deux prend des allures de festival. Un bel intermède en piano solo nous replonge dans les rues de La Havane tout comme le duo qui suit avec le frère au cajon avant qu’ils ne jouent un inévitable et attendu cha cha cha avec la participation du public aux chœurs.

Pas de nostalgie mais beaucoup d’émotion dans le dernier thème Tierra mia. Nicolas Gardel remonte sur scène pour ce final. On en aurait voulu plus mais déjà les techniciens préparent la scène pour celui que tout le monde attend Kyle Eastwood. On le voit installer sa basse et sa contrebasse.

alors que Chris Higginbottom peaufine les réglages de sa batterie. Un concert en mode cinéma, Eastwood by Eastwood, des musiques de films de Clint joués par Kyle et ses quatre compères anglais. Cool Blues de Charlie Parker extrait de Bird puis un thème de John Williams dans la Sanction. Puis vient le tour de Lalo Shiffrin, Dirty Harry et Magnum Force. On apprécie tout particulièrement les battles des soufflants :

Quentin Collins au bugle et trompette contre ou avec Brandon Allen aux saxophones. Andrew McCormack anglais jusqu’au bout des doigts, réussi au piano à être à la fois discret et omniprésent.

La nuit est maintenant tombée, c’est l’heure de la ballade langoureuse avec le thème de Gran Torino co-écrit par le père et le fils. On change de compositeur avec le Maestro Ennio Morricone, pour le final avec le thème de Pour quelques Dollars de plus et la fameuse intro à la contrebasse. Mais, tonight only, Kyle Eastwood est en duo avec les cigales qui se tairont quand après le piano et la batterie, les deux cuivres entre en jeu.  Le rappel, après la fausse sortie est encore du Morricone et du Sergio Leone : Le Bon, la brute et le truand. Le fameux riff talali- lala tonitruant mais finement exécuté par la trompette suivie du ténor. Kyle a troqué la contrebasse pour une électrique à cinq cordes.

Puis, après cette longue séquence de cinéma, Kyle Eastwood passe derrière le rideau.

Les techniciens s’affairent de nouveau, le piano reste en place pour Rolando Luna mais il faut installer l’orgue de Laurent Coulondre (un Nord C2D avec son pédalier et la cabine Leslie) et les cymbales d’Arnaud Dolmen. The Getdown peut prendre place.

Un super groupe original à deux claviers, une batterie. Mais c’est à deux qu’il commence en chauffant la salle façon rythm and blues caribéen.

Avant que tout sourire le cubain rejoigne son tabouret et son piano. Une heure de rythme, de fun, d’échange. Des compositions venues de La Guadeloupe, de La Havane mais aussi du blues. Et même du classique, le pianiste avec sa fantaisie habituelle nous offre quelques intermèdes à sa manière issues de partitions de la grande musique que l’on reconnait à peine en fait.

Mais vite du bout des pieds sur le pédalier Laurent Coulondre relance la machine à groove. Puis, comme on l’espérait, les deux frées Lopez-Nussa rejoignent le trio pour une jam pur sucre de canne fermentée.

Quatre baguettes, Rhodes, piano, orgue, la nuit promet d’être chaude mais déjà les navettes redescendent les premiers festivaliers vers la plaine

le 05/07/26  Place Arnulf - Peillon Village
Photographies et texte: Jacques Lerognon
Ecrit par Jacques Lerognon

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