La Boîte à Musique #5

Yaël Angel  « Bop Writer »

Inouïe Distribution 2017

Par Gilbert D’Alto

S’attaquer aux standards du bop et du jazz modal pour une chanteuse est déjà une gageure. Quand, de plus, on se met dans la tête de rajouter des paroles sur les improvisations qui ont illustré ces standards, la tâche devient carrément ardue. Eh bien, c’est avec brio que Yaël Angel a relevé le défi. À la fois poétesse et chanteuse, elle orne de sa voix  ces fleurons que sont «  So What «  de Miles Davis, « Goodbye Pork pie Hat «  de Charles Mingus «  Lonely Woman «  d’Ornette Coleman  qui trouvent ici une nouvelle jeunesse en devenant des chansons.
Elle s’est bien sûr inspirée du travail d’un Jon Hendricks dont on la sait fan, mais elle apporte vraiment une touche personnelle à ce répertoire, entourée par un trio de haut vol (Olivier Hutman, piano, Yoni Zellik, contrebasse, Tony Rabeson, drums). Une réussite.

 

Chronique : José Caparros « A Walk in love »

Label JCCD 2017
par Gilbert D’alto

Avec son nouvel album  le trompettiste toulonnais José Caparros fait la preuve de son talent, qui est grand, et de son originalité qui ne est l’est pas moins. En huit morceaux ( deux standards et six compositions originales ), José et ses compères , Michael Cheret, (saxophones), Wilhelm Coppey, (piano), Brice Berrerd, (contrebasse) , Thierry Larosa, (batterie), délivrent un hard -bop chaleureux parfois parsemé de touches modales comme le beau « Brooklyn bridge »  qui témoigne de l’amour que porte José à New York  (où la photo de dos de couverture a été prise). Un jazz à la fois libre et maîtrisé, complexe, mais toujours accessible; joué avec une solide technique qui permet de belles envolées lyriques et un feeling certain à la fois dans les compositions et les improvisations. « Une promenade d’amour » effectivement.

Paul Brousseau/Matthieu Metzger

Source 

Label Emouvance Eabsilone-Socadisc 2017

Par Jacques Lerognon

Voilà plus de vingt ans que le pianiste Paul Brousseau (ONJ d’Olivier Benoit) et le saxophoniste Matthieu Metzger (ONJ de Daniel Yvinec, le collectif métal Klonosphère) se croisent au travers des différentes formations auxquelless ils participent, de Louis Sclavis à Marc Ducret.  De cette longue amitié est venue l’envie d’enfin confronter leurs instruments, en duo acoustique. Quinze pièces écrites, improvisées, quinze climats musicaux, quinze duels à touches et clés mouchetées. Metzger explore toute la palette sonore des saxophones, du sopranino au ténor en Ut, il les pousse parfois dans leurs derniers retranchements que les lignes mélodiques, les accords bigarrés du pianiste ne peuvent pas toujours apaiser.  Du jazz contemporain qui peut surprendre, voire déranger, mais qui sait aussi séduire de belle façon.

Gregory Porter « Nat King Cole & me » Blue Note / Universal 2017 par Sir Ali

Il n’avait que 5 ans quand sa mère le comparait déjà à Nat King Cole et lui faisait écouter sa musique. Depuis sa voix, ses mots et l’allure du Roi Cole sont restés les fils conducteurs de la vie et de la carrière de Gregory Porter. Aujourd’hui au sommet de sa carrière, avec ce 5e album il réalise son rêve et fait revivre ce répertoire qui fait partie de lui. Son choix des morceaux révèle les différents styles de Nat King Cole, sentimental, swinguant, latino et toujours classe. L’exactitude de son  timbre et la texture de sa voix, très suave, soul et très jazz réveille  l’héritage de son idole. Un album qui doit aussi son élégance à la superbe orchestration  de Vince Mendoza et la présence de quelques guests comme le trompettiste Terence Blanchard.

Parmi les bijoux incontournables de cette chef d’ouvre : L.O.V.E, Mona Lisa, Smile, Quizas, Quizas, Quizas…

JEFF BECK par Jack Lalli

« Live at the Hollywood Bowl » (2 cd +1 dvd) / Rhino Entertainment 2017

Jeff Beck, guitariste prodige, a fêté ses 50 années de carrière dans la mythique salle « Hollywood Bowl » de LA. Fan de blues, et de rock’n’roll dont du guitariste Cliff Gallup (du groupe de Gene Vincent), Jeff au sein des Yardbirds explore un rock blues psychédélique. En 1967, Jeff avec son ami Rod Stewart, via le Jeff Beck Group, donne deux chefs d’œuvres : « Truth » et « Beck Ola ». Du « JBG » à  « Beck Bogert Appice », notre guitariste utilise la « talking box » qui combinée à sa guitare fait parler ses cordes. Tout comme lors de sa rencontre avec Jan Hammer (ex « Mahavishnu Orchestra » cf/ : JB and J.Hammer Live), où ils  fusionnent à merveille ce jazz-rock courant 70-80, sur plusieurs albums et tournées torrides… Quel plaisir de les revoir jouer ensemble en 2016 : « Freeway Jam », « Star Cycle » (un des grands moments de la soirée…. Sans oublier à ce concert l’intervention de Beth Hart, Jimmy Hall (de « Wet Willie »), Steven Tyler (Aerosmith), Billy F. Gibbons de ZZ Top et Buddy Guy  Au final, une reprise de Prince : « Purple rain » toujours au top ce chef, pardon, ce Roi qui est Jeff BECK !

 

Kinga Glyk « Dream » Warner Music 2017 par Sir Ali

Kinga est une « Queen A» et son « Dream » est un conte de fées des temps modernes. Elle est un véritable phénomène de la basse électrique à mi-chemin entre Jaco Pastorious et Marcus Miller. Du haut de ses  20 ans, Kinga Gynk est  la plus talentueuse et jeune band-leadeuse, musicienne très en vogue  de la  scène jazzistique Polonaise. Elle fût repérée très largement sur les réseaux sociaux, grâce à son jeu hallucinant,  puis récupérée par le légendaire Warner music, sous lequel elle sort  son troisième album. Avec Dream tous les atouts de cette  star montante  sont mis en valeur, la maitrise étonnante de son instrument, ses compositions et ses arrangements  funky jazz progressif…, tout ça délivré par un groupe cosmopolite, composé du saxophoniste explosif  Britannique:Tim Garland, du pianiste d’Avishai Cohen : Nitai Hershkovits et le très typique et sublime batteur New Yorkais : Gregory Hutchison.

 

Ecrit par Imago records & production

Les Soli Talent & Legend du dimanche à La Cave Bianchi à Nice

Imago records & production en association avec ABC music project présentent à la Cave Bianchi 7, rue Raoul Bosio à Nice un concept inédit dans le cadre des Nice Jazz Sessions : de grands artistes, maîtres de leurs instruments, viendront proposer un dimanche après-midi par mois à 18h des performances en solo, où ils dévoileront leur art dans cet exercice de haut vol. Après le premier et extraordinaire Jazz Solo Legend #1 de Louis Winsberg, nous aurons le plaisir de découvrir dans ce lieu convivial et chaleureux ces artistes de renom lors des prochains mois. Suite →

Ecrit par Imago records & production

Popa Chubby le 30 janvier 2018 au Théâtre Lino Ventura à Nice

Leader incontesté du New York City Blues, Popa Chubby écume depuis plus de dix ans les salles de concerts du monde armé de sa Stratocaster de 66. Crue, électrique, écorchée, sa musique résolument blues rock se démarque par une alchimie d’éléments empruntés au jazz, à la country, au funk, a la soul et même au gangsta rap. Personnage et guitariste hors normes, c’est un artiste engagé qui ne laisse personne indifférent. Suite →

Ecrit par Imago records & production

Sylvain Luc & les Frères Chemirani le 18/11/17 au Forum Nice Nord


La guitare du jazzman français croise ici ses notes avec les rythmes des deux percussionnistes iraniens, Bijane et Keyvan Chémirani. Ensemble, ces trois solistes virtuoses nous ouvrent leur carnet de voyage. Arpentant les routes de la Méditerranée jusqu’au moyen orient et nous dévoilent une musique envoûtante faite d’héritages, de rencontres et de rêves.

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Ecrit par Imago records & production

La Boîte à Musique #4

 

Nina Papa « Evidencia »par Gilbert D’Alto

Ce nouvel album de celle qui est  sans doute la meilleure chanteuse brésilienne de la Côte D’Azur  est le fruit de deux longues années de travail de Nina avec ses musiciens : Béatrice Aluni , piano, Marc Peillon, contrebasse, Cédric Ledonne ou Alain Ruart , batterie  ,  Frank Ledonne , percussions, sur des compositions originales écrites par Nina pour les paroles , en portugais ou en  français ( le très beau «  Cinq Terres », hommage à l’Italie ) et par Béatrice Aluni ou Marc Peillon, pour les musiques.  Album aux couleurs d’ailleurs plus jazzy que bossa nova, même si le Brésil est présent tout au long du disque, et dans lequel sont aussi  présents deux musiciens prestigieux, le jeune saxophoniste Baptiste Herbin, fabuleux, et le vétéran André Ceccarelli à la batterie. Un très beau disque qui va nous permettre de rentrer dans l’automne en gardant un goût d’été.

 

M&T@L : Hurlant (Alter-Nativ )

Par Jacques Lerognon

Après avoir rendu hommage au groupe Metallica en trio jazz, les trois membres de M&t@l, s’attaquent à un autre bastion, le mythique magazine de bandes dessinées Metal Hurlant. Le challenge était de composer et d’improviser à partir de six planches d’une expo à la Maison des Artistes de Chamonix. Peut-on imaginer du jazz S.F. ? Ils l’ont fait en 18 titres, 3 par planches de « Arzach et son Ptéroïde » ou « Un léopard ne peut pas changer ses taches » à « Univers parallèle » dont le troisième mouvement clos de façon magistrale et virulente l’album. Le saxophone de Thomas Puybasset mène la danse, instille la mélodie appuyée par le bassiste Laurent David, tous deux filtrés par de copieux pedalboards. Le batteur Maxime Zampieri propulse le vaisseau M&t@l vers un jazz progressif de la plus belle eau.

 

Ahmad Jamal, Marseille, 2017, Jazz Village par Benjamin Grinda

Dernier opus d’Ahmad Jamal, « Marseille » offre à la cité phocéenne un peu de lumière, celle-là même qui semble avoir éclairé certains moments de vie du grand pianiste de Pittsburgh. Accompagné de sa section rythmique désormais fidèle, le batteur Herlin Riley, le percussionniste Manolo Badrena et le contrebassiste James Cammack, le maître délivre ses dernières compositions avec la force tranquille qu’on lui connaît. N’en déplaise aux « ultras », Marseille n’est pas la première ville à laquelle rend hommage Ahmad Jamal. Fervent admirateur de la France, il s’était déjà énamouré de Paris. Cet album est ainsi, par-delà Marseille, un « cadeau à la France ». Malgré  l’intérêt bien mesuré de l’interprétation d’Abd-El-Malik sur le morceau éponyme, Marseille est un cadeau, tant il sonne juste, et tant il émane l’élégance et le rayonnement du pianiste prodige.

 

Joseph Leimberg – Astral Progressions – World Galaxy / Alpha Pup Records 2016 par David Rompteau

Mesdames et Messieurs, le commandant de bord Joseph Leimberg vous souhaite la bienvenue à bord d’Astral Progressions. Tout au long du trajet vous voyagerez en territoire jazz, balades, hip hop, funk et, la méditation totale sera au rendez-vous. Musique stellaire s’il en est je ne peux que recommander l’écoute totale de l’album pour vous imprégner du message humaniste et positif de Joseph. Ici tout est réverbération, écho, spontanéité et chorus virtuoses. La production léchée apporte à Astral Progression un petit je ne sais quoi de Jazz funk très « Old School », en tout cas il s’agit bien de  West Coast actuelle c’est certain. Le commandant de bord espère que vous ferez un bon voyage sur vos platines, car décidément, c’est une musique des étoiles qui a vu le jour.

 

French Monk

Thelonious Monk : Les Liaisons dangereuses (Sam Records/Saga Dist.)

Laurent De Wilde : New Monk Trio (Gazebo Records/L’Autre Dist.)

Le 10 octobre prochain, nous fêterons  le centenaire de la naissance de Monk. La planète jazz tout entière est en effervescence  pour contribuer à cet évènement.

Je suis  ravi d’avouer que la France relève largement le défi  grâce à deux albums.

Thelonious Sphere Monk, pianiste et compositeur le plus énigmatique du jazz reste  une source intarissable d’inspiration pour des musiciens téméraires à la recherche de leur propre « sphère » .

Laurent De Wilde spécialiste mondial de Monk, de par ses recherches,  articles, émissions , livres…partage son introspection,  avec un projet inédit, New Monk Trio  un disque entier, de musique de son idole pianistique.

Au programme  douze morceaux : dix compositions connues et moins visitées ; un  medley Monk Mix  issu d’autres airs de Monk aux saveurs des îles…du Monk tropical ! la trouvaille de Laurent, et un hommage Tune for T.

Le groove est le dénominateur commun de toute cette sélection. Laurent de Wilde, fait revivre  le côté fun et funky  de ce  maître du be-bop.

C’est bien là toute l’exemplarité  et l’originalité de  cette œuvre. Dès les premières notes du disque  sonne un Misterioso  relooké par un dérivé de soul, typique de notre époque…et le tout se conclut  sur le sifflement de Friday the 13th !!

Les Liaisons dangereuses cet ultime trésor caché du jazz sera enfin révélé dans sa totalité , a l’occasion de cet hommage. La B.O.F. du film de Roger Vadim, sorti en 1960 était un enregistrement studio et pas encore un live inédit de Monk. Édité dans la confidence à l’époque il n’avait  jamais été reédité, depuis. Cette oeuvre majeure, sort aujourd’hui, sous  forme d’un double CD, qui réunit  les morceaux utilisés dans le film,aussi de nombreux et vrais  bonus .dont  le making of de Light Blue   un challenge rythmique de 15 minutes …la démonstration  parfaite de la  richesse des compositions de Monk.

La cerise sur ce gâteau , la présence de Barney Wilen ! Mais oui, cette séance historique, où en plus de Monk et  de son quartet, est présent notre célèbre saxophoniste sudiste qui apportera sa French touch…comme il l’avait fait auparavant
avec Miles et la BOF d’ Ascenseur pour  l’Échafaud !

Sir Ali

Ecrit par Imago records & production
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