#Live Report : festival de Saint Paul de Vence : Emile Parisien « Floating »

Des musiciens venus de tous horizons pour accompagner Emile Parisien dans son odyssée, à la recherche de sons, de couleurs, d’espace.

Le quartet qui s’installe au soleil couchant vient présenter un nouveau projet « Floating ». Comme ils se sont bien trouvés, ces quatre-là pour unir leurs univers multiethniques, leurs multiples talents, leurs références métissées : Le saxophone d’Emile Parisien

le piano de Yaron Herman, la contrebasse de  Linda May Han Oh, et les tablas de Prabhu Edouard. L’apparente simplicité des premières notes susurrées au sax va, de morceau en morceau, s’enrichir d’univers complexes. Yaron Herman, au maintien particulier, loin du clavier,

va s’approcher tranquillement des sons qu’instille le soprano, c’est ensuite à la contrebassiste d’enrichir cette conversation chatoyante. Et quand la main et le pied de Prabhu Edouard s’en mêlent, on est emporté dans un tourbillon d’images sonores aux respirations puissantes. Des compositions originales, « on commence par le premier morceau », annonce malicieusement Emile Parisien, Ici, tout fait sens, l’espace de création est infinie, la liberté de chacun est en cohésion parfaite avec l’ensemble, on ressent l’écoute de chaque musicien vis-à-vis de l’autre, des autres. De l’audace dans les improvisations, mais toujours au service d’une ligne mélodique, tantôt très lyrique, tantôt disruptive. C’est une musique envoutante, planante que cisèlent le lyrisme du piano mais aussi ses silences et ses emportements. Dentelle sonore du saxophoniste qui, tour à tour, semble rentrer en méditation et s’enflammer la seconde suivante. Linda May Han Oh fait chanter sa contrebasse,

elle est en apesanteur, comme libérée d’une gravitation qui ne saurait convenir à Floating. Prabhu Edouard, est un magicien

(ils sont quatre sur scène !) qui entourloupe et épate par la mesure et démesure des vibrations qu’il invente, parfois mutines, parfois graves, toujours justes, évoquant les immensités des déserts tout autant que des cavernes obscures. Le concert se termine par un vibrant hommage à Michel Portal, tout en émotion. Deux rappels, ouverts sur le monde et sa diversité ; Badhra du oudiste Anouar Brahem puis Nusrat, d’un maitre de la musique Qawwalî, Nusrat Fateh Ali Khan.

Saint Paul de Vence était universel, ce soir-là !

21 juillet 2026, Place de la Courtine, Saint Paul de Vence

Texte : corinne Naidet

Photos : Jacques Lerognon
Ecrit par Corinne Naidet

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