#LiveReport Nice Jazz Festival jour #5 : Finale et Jam sessions

Une soirée en forme de bouquet  final pour ce Nice Jazz Festival 2019 qui débuta avec une prestation remarquable du grand Frédéric Viale, et se termina sur un mémorable set de la légendaire Omara Portuondo, avant de laisser la place aux Jam Sessions.

Commençons par le commencement : Frederic Viale en trio, avec les brésiliens  Natalino Neto (contrebasse) et Zaza Desiderio (batterie). Le Cannois démarra avec une longue introduction qui déboucha sur « Flor do Brasil » dédié à Elis Regina et extrait de l’album « Lames Latines ». Un court concert mais d’une grande intensité à laquelle le grand Frederic Viale nous a habitué depuis 2006, date de ses débuts dans la sphère du jazz dont il est récompensé par cette prestation à l’affiche du Nice Jazz Festival 2019. Emotion palpable du public à cette performance.

Pour succéder à Fred Viale, d’autres « Lames Latines », celles affûtées par le jeune pianiste Andrien Brandeis et son quintet, Joachim Poutaraud, saxophone, Romane Daunnau, basse,  Félix Joveniaux, batterie, Philippe Ciminato, percussions, qui ont remporté Le trophée du meilleur espoir du Jazz Européen, et à ce titre participent au Nice Jazz Festival. Tous issus du Conservatoire de Nice, et ravis d’être « prophètes en leurs pays » les musiciens font preuve d’une énergie débordante et d’une joie de jouer communicative en interprétant des extraits de l’album « Euforia » dont nous vous avions dit ici même tout le bien que nous en pensions . Latin Jazz à la sauce (« salsa » en espagnol, ça veut tout dire …) Michel Camilo ou Chick Corea, les cinq jeunes hommes donnèrent un prestation absolument jubilatoire avant d’inviter aux percussions pour un « boeuf » final le vétéran Jean-Luc Danna « le papa de tous les musiciens niçois » comme le présenta Adrien Brandeis. Plaisir et émotion mêlés. Grand moment.

Décidément, cette dernière soirée de l’édition 2019 avait une couleur fortement caraïbe, car suite à Adrien Brandeis, nous avons eu le plaisir d’accueillir sur scène Samy Thiébault et ses « Caribbean Stories »; qui font l’objet du quatrième album du saxophoniste né à Abidjan en 1978. Le personnel sur scène est le même que sur l’album  : Ralph Lavital – Guitare,  le grand Felipe Cabrera à la Contrebasse, Arnaud Dilmen – Batterie, Inor Sotolongo – Percussions, et enfin en co-soliste « upfront » Daniel Zimmerman au Trombone. Les titres de l’album en disent long : « Santeria » « Poseia sin fine » ( Poésie sans fin) « les mangeurs d’étoiles »… nous sommes là dans de le domaine à la fois du rêve et de la sensualité… Groove, chaleur et communication, le cocktail était savoureux, en particulier grâce aux interventions musclée de Zimmerman et Cabrera. Welcome to the jungle !

Et enfin, la  tant attendue diva du Buena Vista Social Club, Omara Portuondo fit son entrée sur la scène du Théâtre de Verdure au bras de Roberto Fonseca, qui accompagnait avec son trio la vénérable (88ans !) chanteuse. Et contre toute attente, la presque nonagénaire mit le feu au Théâtre de Verdure, reprenant les classiques de la musique de son île natale, avec derrière elle un trio qui pulsait sans relâche mais tout en finesse, Roberto rappelant par son jeu le regretté compagnon de route d’Omara Portuondo, El Senor Ruben Gonzalez ! Une heure et demie d’enchantement, avec tout le Théâtre devant la scène qui dansait au son de ces mambos, salsas, merengues à réveiller les morts ! Une fantastique conclusion pour cette édition 2019 du Nice Jazz Festival qui restera dans les mémoires. A l’année prochaine !

Mais la soirée n’était pas finie… Restaient encore les jam-sessions qui à l’Hotel Radisson-Blu où au Shapko Bar, nous entrainèrent durant ces cinq jours jusqu’au bout de la nuit. Et l’équipe du Jazzophone, prête à voir le jour se lever pour satisfaire ses lecteurs, se paya le luxe d’assister aux deux. Tout d’abord au Radisson-Blu où le groupe résident Mey feat. JCAT accueillit Judi Jackson, Christian Sands, Adrien Brandeis, Joachim Poutaraud, Tahine (trombone de Jimi Brown Experience) , le batteur Rom Dravet, la chanteuse Alexandra Miller.

Quant au Shapko Bar, ce sont Pierre Marcus et ses amis qui animaient la jam-session, qui tout au long du festival vit défiler Simon Chivallon, Mel Marquez, Thomas Galliano, Jean-Philippe Scali, Schneor Dasniere-ini, Andreas Salonn, Samuel F’hima et bien d’autres encore. Une semaine épuisante mais remplie de bonheur. On en redemande !

http://www.nicejazzfestival.fr

Photos : © Z@ius / Next Movement & Alain Fontana

Ecrit par Gilbert D'Alto

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