Yes We Cannes

Yes we Cannes ! par Gilbert D’Alto

Si Cannes est la ville de la Côte d’Azur la plus connue internationalement, c’est bien sûr grâce à son Festival international du Film, mais on sait moins qu’à l’instar de ses illustres voisines Nice et Antibes, Cannes a eu un passé marqué par le jazz et a aussi, nous allons le voir, un présent.

Dès l’après-guerre, et pendant les années cinquante, l’orchestre du Palm Beach Casino voit passer dans ses rangs des gens comme Django Reinhardt, Claude Bolling (né à Cannes), Sacha Distel, Eddie Barclay qui emmène avec lui son trompettiste et arrangeur le jeune Quincy Jones (qui depuis passe régulièrement ses vacances à Cannes) et toute une pléiade de jeunes musiciens qui deviendront célèbres par la suite, à l’instar de Quincy. Il faut dire qu’à l’époque Cannes est la destination d’été de tout ce que le monde des arts et des lettres compte de célébrités (Picasso, Cocteau, Yves Montand, etc.). C’est ainsi qu’à lieu en 1958 le premier Festival de Jazz de Cannes  qui fait suite à celui de Nice de 1948. Ce festival qui se déroula dans la salle du palais des Festivals du 11 au 13 Juillet 1958, présenta des musiciens tels que Stan Getz, Sidney Bechet Joe Turner, Ella Fitzgerald, Coleman Hawkins, Roy Eldridge, Dizzy Gillespie et le voisin niçois Barney Wilen. Le festival fut filmé par l’ORTF, on peut le retrouver dans son intégralité sur trois DVD publiés par l’INA.

Puis vinrent les années soixante, la création de Jazz à Juan, et s’en fut fait du jazz à Cannes pour plusieurs années. Mai, dès les années 70, quelques passionnés, tels les irréductibles Gaulois, reprirent le flambeau. C’est ainsi que le batteur cannois  Bernard Weidmann créa à la MJC PIcaud un jazz club qui programma des musiciens comme le tout jeune Jean-Marc Jafet , à l’époque encore batteur .

En 1994, à l’initiative de la municipalité, le Festival de jazz de Cannes revit le jour jusqu’en 1996 avec des concerts partagés entre le Palm Beach et le Palais des Festivals, avec des artistes comme Nina Simone  ou encore Robben Ford, et une dizaine d’orchestres de style New -Orléans qui paradaient dans toute la ville.

Le MIDEM lui aussi consacre durant chacune de ses éditions au moins une soirée au Jazz.

L’infatigable Bernard Weidmann , toujours  passionné, a depuis créé un nouvel endroit à Cannes dédié au jazz, le «  Mimont Jazz Club » au sein de l’Espace Mimont, et programme d’Octobre à Juin,  les premiers samedis du mois ,des concerts  qui présentent des musiciens de très grand talent tels que Pierre Marcus ou  l’étoile montante du piano Frédéric Pérréard, avec une belle ferveur.

Toujours à Cannes, Frédéric Ballester a créé,depuis 2003, avec l’aide la municipalité,  le Festival Jazz à Domergue au mois d’août dans le somptueux décor de la Villa Domergue, et  qui présente des artistes nationaux et internationaux tels que Richard Manetti ou  la chanteuse Malia.

Saluons enfin le travail  de la Médiathèque Noailles  et de son programmateur Jean- Pierre Fettuciari qui présente dans le cadre de ses « Afterworks » des concerts gratuits  qui ont accueilli des jazzmen aussi prestigieux que Christian Vander ou Stéphane Belmondo. Et depuis peu, tous les 1ers jeudis le Théâtre Alexandre III présente du jazz avec des musiciens comme Frédéric Viale ou Jowee Omicil.

Jazz?

Yes, we Cannes !

Ecrit par Gilbert D'Alto

#PORTRAIT Dizzy Gillespie

De tout temps, les hommes ont ressenti le besoin de s’accrocher à des mythes, des anecdotes croustillantes qui nourrissent leur imagination et leurs fantasmes en matière de musique.

Pour le rock, la seule évocation d’Altamont, de Newport 1965 et de Woodstock pour ne citer que ceux-là suffit parfois à donner une saveur délectable à la musique.

Il en est de même pour le Jazz et je vous invite à fermer les yeux.  Imaginez-vous dans la Big Apple à l’aube des années quarante…

Oui, vos paupières sont closes et en deux temps, trois mouvements, vous vous retrouvez au Minton’s Playhouse, 210 West Est 134 th ou encore au Monroe’s Uptown, 198 West 134 th en  plein Harlem  dans ce quartier mythique qui résonne comme un cri de ralliement  du mouvement black and proud.

Regardez bien la scène. Oui. De jeunes musiciens sont prêts à s’affranchir du son mainstream qu’a désormais le Jazz pour eux. Leurs noms ? Des inconnus notoires tels que Charlie Parker, Max Roach, Monk et Dizzy Gillespie. Dizzy : Le vertigineux.

Dizzy Gillespie aurait eu cent ans ce 21 Octobre 2017 et  il nous semblait important de rendre hommage à ce révolutionnaire. Dans l’inconscient collectif Dizzy ne serait-il pas désormais trop relégué au rang de simple homme charmant à l’humour ravageur ? Celui qui faisait gonfler ses joues à bloc, un peu comme un crapaud dans une trompette au pavillon incliné vers le haut. Trop réducteur ! Dizzy était bien plus que cela. Compositeur de nombreux standards, musicien novateur et technicien hors pair, Dizzy et ses amis vont bousculer et renverser les constructions harmoniques de leur musique. Adieu le swing ! Place au Be Bop pour Dizzy et sa bande de joyeux larrons ! Ils vont mettre le feu aux clubs de la 52ème avenue et  mythifier une époque et un son ! Des avalanches de notes jouées à une vitesse supersonique, des cascades de sons dans un déluge sonore  qui laissent stupéfaits les spectateurs. Une tempête. Le jazz sera métamorphosé à jamais. Pour notre grand plaisir.

Lassé des gigs de musiciens de quartets et autres quintets de clubs, fatigué de la vie dissolue du « Bird »  (il retournera cependant enregistrer avec lui), Dizzy entrevoit d’autres styles  et surtout de nouveaux horizons.

Cap  sur  l’introduction de la musique latine dans son jazz.  Des couleurs du sud dans sa sonorité et son phrasé. Nouveau tournant. Jusqu’au bout Dizzy prouvera que seul l’amour de la musique compte et ses passages télévisuels où il sait s’auto parodier seront savoureux. Souvenez-vous par exemple de sa prestation au Muppets Show. C’est dans ce programme, qu’enfant je l’ai découvert.

Plus que jamais le Be Bop et son héritage sont vivants. Je ne sais s’il en sera de même pour vous, mais moi, en écrivant cet hommage, j’ai ressorti mes disques, du style de ce « Bird and Diz » de 1952 paru chez Verve  et je n’ai vraiment pas envie de les ranger.

Oui les mythes et légendes restent, alors je ferme encore une fois les yeux, pose le bras de la platine sur mon disque et retourne à Harlem, là où tout a commencé, Monsieur Dizzy.

Ecrit par David Rompteau

Parole de Jazz #6

Comment faire aimer le Jazz a un Rocker.

Très jeune, je travaillais chez Barclay records, comme assistant-ingénieur du son, (le va chercher quoi !). J’écoutais en boucle les tubes, les nouveautés américaines et anglaises des années 60 et 70. Le rock, le rhythm and blues etc… étaient ma nourriture quotidienne.

Dans cette maison de disques, on enregistrait toutes les nuits, des chanteurs français, qui revisitaient les standards d’outre-Atlantique. La diffusion de la musique était régie par quelques radios françaises et surtout par une radio pirate qui nous faisait découvrir une musique qui nous mettait en transe.

Une nuit, après avoir enregistré un énième chanteur français en devenir, vers 5 heures du  matin, notre directeur artistique, Leo Missir, nous invita à prendre un petit déjeuner chez lui. Il faut rappeler que Monsieur Missir était la sommité dans le milieu du show-bizness de l’époque, découvreur de beaucoup de talents et directeur artistique de l’orchestre d’Eddy Barclay.

Arrivés chez lui, nous étions impressionnés par sa collection de vinyles, et surpris de voir des noms de musiciens inconnus. Il nous demanda à nous les petits jeunes, si nous aimions le Jazz.

Il faut vous dire que ce n’était pas une musique que nous avions en stock dans nos mémoires, mes parents écoutaient Tino Rossi, Luis Mariano et d’autre musiciens de cette génération, le jazz était pour eux un souvenir de guerre quand les Américains avaient débarqué.

Nous étions complètement ignorants de ce style de musique. Pour nous, les jeunes rockeurs…, c’était une musique de vieux.

Il a commencé par sourire et a posé sur sa platine un disque de Louis Armstrong. Ouf ça nous avions déjà entendu, puis au fur et à mesure, nous a passé tous les grands standards du jazz, en prenant soin de nous expliquer et nous faire découvrir l’évolution de cette musique. Il est devenu une sorte de professeur, sans être ennuyeux.

Nous avons fini vers midi, complètement éblouis et conquis par cette découverte.

Depuis ce jour le Jazz est entré dans ma vie artistique. Je suis resté un rockeur, mais mes oreilles se sont habituées à écouter cette musique « de vieux » me permettant de comprendre l’influence qu’elle a eue sur les autres styles de musique. Je ne dis pas que je suis passionné de Jazz, mais grâce à cette matinée éducative j’ai pu découvrir petit à petit « mon » Jazz.

Dans toutes activités artistiques, un bon pédagogue aide à comprendre et apprécier un art qui parait difficile.

Éducation Nationale à bon entendeur salut.

Ecrit par Jacky Ananou

Les Soli Talent & Legend du dimanche à La Cave Bianchi à Nice

Imago records & production en association avec ABC music project présentent à la Cave Bianchi 7, rue Raoul Bosio à Nice un concept inédit dans le cadre des Nice Jazz Sessions : de grands artistes, maîtres de leurs instruments, viendront proposer un dimanche après-midi par mois à 18h des performances en solo, où ils dévoileront leur art dans cet exercice de haut vol. Après le premier et extraordinaire Jazz Solo Legend #1 de Louis Winsberg, nous aurons le plaisir de découvrir dans ce lieu convivial et chaleureux ces artistes de renom lors des prochains mois. Suite →

Ecrit par Imago records & production

Festival Joseph Kosma du 18 au 27 janvier 2018 à Nice

Première manifestation autour de l’héritage du génial compositeur hongrois et son apport à la chanson française (entre autres, car les jazzmen sont friands de ses compositions, en particulier les célébrissimes “Feuilles Mortes” devenues “Autumn Leaves” en franchissant l’Atlantique est qui sont toujours à l’heure l’actuelle l’un des standards de jazz les plus joués au monde), et organisée par l’Association “Les Alizés”, menée par la toujours dynamique Françoise Miran, le Festival “Joseph Kosma” aura lieu à Nice les 25 26 et 27 janvier 2018. Suite →

Ecrit par Gilbert D'Alto

Popa Chubby le 30 janvier 2018 au Théâtre Lino Ventura à Nice

Leader incontesté du New York City Blues, Popa Chubby écume depuis plus de dix ans les salles de concerts du monde armé de sa Stratocaster de 66. Crue, électrique, écorchée, sa musique résolument blues rock se démarque par une alchimie d’éléments empruntés au jazz, à la country, au funk, a la soul et même au gangsta rap. Personnage et guitariste hors normes, c’est un artiste engagé qui ne laisse personne indifférent. Suite →

Ecrit par Imago records & production

R.I.P Roswell Rudd

Tristesse… L’illustre Roswell Rudd, pionnier du trombone moderne, nous a quittés le 21 décembre dernier à l’âge de 82 ans. Il s’est éteint dans sa maison de Kerhonskon, (quartier de New York). Suite →

Ecrit par Gilbert D'Alto
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