Interview : Jacques Ferrandez

Interview : Jacques Ferrandez

BD Ferrandez

Jacques Ferrandez est auteur et dessinateur de B.D. Parmi sa nombreuse production, il a publié quatre titres autour du jazz, “Nostalgia In Times Square” (1987), deux tomes consacrés à Miles Davis chez Nocturnes ainsi qu’un album-CD “Paris Jour & Nuit” (Art Moderne). Il est aussi contrebassiste de jazz. Suite →

Ecrit par Jacques Lerognon

Chronique : Sokratis Sinopoulos 4tet


2407 XSokratis Sinopoulos 4tet “Eight Winds” – ECM aout 2015

Les amateurs le savent depuis un moment, le jazz n’est plus l’apanage des musiciens noirs américains mais un quartet de musiciens grecs cela reste encore assez rare dans les bacs des disquaires, surtout quand le leader joue de la lyre.

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Ecrit par Jacques Lerognon

UN LIVRE SUR LE JAZZ : Julia Blackburn – Lady in Satin

Lady In Satin – Julia Blackburn – Rivages/Rouge – Traduit par Nicolas Guichard

lady in satinBillie Holiday, née Eleonora Fagan, aurait eu cent ans ce printemps, une bonne occasion pour lire cette nouvelle biographie de la chanteuse de jazz. Petite anecdote, le livre lui-même a une histoire étrange puisqu’il a deux auteures à près de quarante ans de distance. C’était le projet initial de Linda Kuehl qui dans les années 70 a interviewé plus de 150 personnes proches de la chanteuse mais qui est décédée sans avoir mené à terme son travail. Julia Blackburn à découvert, repris, décryptée, compilée  ses archives pour en faire ce remarquable “Portrait d’une diva par ses intimes”. Suite →

Ecrit par Jacques Lerognon

Luca Aquino – Overdoors

overdoors

Le précèdent album de Luca Aquino “Rock4.0” nous le laissait entrevoir,qu’ outre le jazz, le trompettiste italien aime aussi beaucoup le rock. Il a choisi pour cet opus de revisiter, façon free jazz, fusion psyché, le répertoire des Doors, de Jim Morrison, accompagné par un trio guitare, basse batterie. Dix reprises et une composition perso “Over DOORS”. Trois invités viennent soutenir ce projet. Petra Magoni (de Musica Nuda) est presque naturellement la fantasque “Queen of The Highway”. Le frenchie Rodolphe Burger devient le tueur de “Riders On The Storm”, guitare reverb’ et voix
étrangement posée que la trompette vient à peine survoler. Dans “Indian Summer” la voix de Carolina Bubbico s’entrelace avec une infinie délicatesse à la trompette d’Aquino jusqu’à la toute fin du disque. La plus étonnante relecture est “Light My Fire” avec son riff de basse et sa batterie omni présente mixés très en avant et sa guitare heavy metal.
La force de Luca Aquino est de s’être approprié la musique du quatuor américain pour la faire cohabiter avec celle de Miles ou de Fresu dans son propre univers musical.
Un disque dont on peut abuser, on ne risque que l’OverDOORS !

Tŭk Music/Bonsaï Music – Avril 2015
Luca Aquino, tp; Dario Miranda, el b; Antonio Jasevoli, gt; Lele Tomasi, dm.

Ecrit par Jacques Lerognon

Chronique d’album – Bernstein/Fresu/Petrella/Rojas “Brass Bang”

Paolo Fresu, le producteur de ce gang cuivré met en exergue et en italien sur la jaquette du CD, le fameux adage de Frank Zappa qui orne le fronton du premier Jazzophone. « Il jazz non è morto, ha solo un odore un po’ curioso ». Jetons donc une oreille attentive se dit le chroniqueur en déposant la rondelle de polycarbonate dans le lecteur.

Deux américains, deux italiens. Quatre cuivres réunis pour faire de la musique, du jazz mais pas seulement . Deux trompettes et bugles, un trombone et bien plus rare, un tuba. Les deux américains Marcus Rojas, le tubiste et Steve Bernstein, le trompettiste y vont aussi de la voix sur quelques titres.

Vous pensez que l’on ne peut pas faire de rock sans guitare, basse ou batterie ? Ecoutez comment le quarteron de cuivres joue « As Tears Go By » des Stones ou « Manic Depression » d’Hendrix et vous verrez. Rojas et Gianluca Petrella jouent le riff de basse presque à l’unisson, Fresu celui de la guitare et Bernstein chorusse de ses trois pistons. Vous pensiez que l’on ne peut pas vraiment faire de jazz sans instrument harmonique, sans saxophone, écoutez Fresu et ses compères revisiter le « Black And Tan Fantasy » et « Rockin’ In Rythm » du Duke, vous réviserez surement votre jugement. Vous pensiez que les chansons italiennes n’étaient bonnes que pour le concours de San Remo écoutez donc leur superbe interprétation du « Guarda Che Luna » popularisé par Marino Marini en 1962 qui clôt en majesté l’album. Vous pensez être allergique à la musique classique, la musique baroque, vous pensez qu’elle n’est qu’une musique savante d’un autre temps, tendez l’oreille aux deux superbes thèmes de Palestrina et Haendel. Avec ces quatre cuivres (brass) on est loin d’une fanfare de cirque, ça sonne, ça vibre, ça émeut, ça swingue, ça rock, ça balance, ça envoie sec. Et ils répondent en 60 minutes à une interrogation du même Zappa « Does Humour Belongs To Music? » : Si grazie !

 

Ecrit par Jacques Lerognon

Jazz et Polar – Le Mister de Marcus Malte

Marcus Malte et la musique, c’est une longue histoire d’amour. D’abord musicien de rock, puis de jazz, c’est désormais dans les mots qu’il met ses notes, son phrasé, ses arpèges, ses appogiatures parfois. Au fil de son oeuvre, trois romans mettent en scène un pianiste de jazz dont on ne connait que le surnom, “Mister”.

marcus malte

« C’était un mélange de panthère noire et de Blues Brother. Un nègre immense, aux allures de star du basket américain ; il portait un ensemble noir, veste et pantalon, ainsi qu’une cravate lâchement nouée au col d’une chemise immaculée ». Ainsi le découvre-t-on
dans « Le Doigt d’Horace ». Un pianiste de bar, de club, croise, voit et entend de nombreux secrets. La sensibilité qu’il met dans ses interprétations des grands standards lui sert parfois à élucider quelques affaires à l’aide son acolyte, Bob, un chauffeur de taxi aussi philosophe que dépourvu de client.
Dans « Le Doigt d’Horace », à l’aube, l’un des spectateurs dit « Je m’appelle Franck, Je viens de tuer trois personnes mais j’aime beaucoup votre façon de jouer », puis compare les talents respectifs d’Oscar Peterson et Horace Silver. Horace Silver dont le père de Franck prétendait qu’avec un seul doigt il pourrait changer le monde.
Dans « Le lac des singes », on le retrouve derrière le clavier du casino d’Evian, au bord du lac. Le commissaire de police, fin gourmet de jazz, le prend pour confident de son enquête, un tueur voulant éliminer tous les gagnants millionnaires du casino.

Mais le plus prenant, le plus noir, le plus blues est la dernière enquête en date des deux compères, « Les harmoniques », paru en 2011 à la Série Noire. Mister et Bob ne peuvent se résoudre à accepter ni la mort de la jeune Vera qui régulièrement squattait un tabouret dans le club où exerce le musicien, ni la version bâclée des flics. Ils vont revenir sur les horreurs de la guerre de Yougoslavie et ses conséquences encore aujourd’hui partout en Europe, et ici à Paris. Mais Mister n’enquête pas vraiment, il écoute, il regarde, il cherche, il pleure, il joue car sa vie est avant tout la musique. Et le roman est une partition, en douze chapitres, telles les douze mesures du blues mais aussi en douze thèmes. Du premier chapitre calqué sur le thème, la grille de « Wallflower » de Gerry Mulligan pour finir par « Bye Bye Blackbird » dans la version de Toots Thielemans.
Depuis, ses mots se mêlent aux notes, « Les harmoniques » est devenu un spectacle* mis en voix par Marcus Malte accompagné d’une chanteuse et d’un contrebassiste.

Bibliographie :
Le Doigt d’Horace, Fleuve noir, 1996 ; réédition, Folio policier 2009
Le Lac des singes, Fleuve noir, 1997 ; réédition, Folio policier 2009
Les Harmoniques, Gallimard, Série noire, 2011
La biblio complète : http://marcusmalte.wix.com/marcusmalte
Discographie sélective :
Horace Silver “Song For My Father” Blue Note 1964
The Cannonball Adderley And Nat Adderley Quintet “What Is This Thing Called Soul : Live In Europe” Pablo Records 1984
John Coltrane 4et “Coltrane Jazz” Atlantic 1961
Ella Fitzgerald “At Opera House” Verve 1957
Gerry Mulligan “Lonesome Boulevard” Verve 1989
Herbie Hancock “Maiden Voyage” Blue Note 1965
Miles Davis “Kind of Blue” Columbia 1959
Janis Joplin/Big Brother and the Holding Company “Cheap Thrills” Columbia 1968
Sarah Vaughan “Live at The 1971 Monterey Jazz Festival” Fantasy 2007
John Coltrane “My Favourite Things” Atlantic 1961
Bill Evans “Loose Blues” Fantasy 1962
Helen Merril “No Tears No Goodbyes” Owl Records 1984

Ecrit par Jacques Lerognon
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