
#CHRONIQUE : Diana Krall “Turn Up The Quiet”

L’autre jour je me rends chez mon vendeur de son à la recherche de vibes qu’elles soient groovy ou jazzy afin de passer une fois de plus un bon moment. Un, deux, trois disques passés sur sa platine et voici qu’il me demande « tu as entendu le nouveau Diana Krall ? »
Concours National du Nice Jazz Festival 2017 – Appel à la Candidature !

La Ville de Nice et Imago records organisent le tremplin du « Nice Jazz Festival », destiné à promouvoir des formations de jazz français et de musiques improvisées, domiciliées en France, du duo au quintet maximum. Cette 4ème édition se déroulera sur la promenade du paillon à Nice, les 06 et 07 Juillet 2017.
Sortie “Bird Feathers” du Giraudo-Chassagnite 4tet à Nice

Dans le cadre des soirées « Jazz chez Manu » à la Cave Romagnan, Imago records & production vous invite à une soirée en mémoire de François Chassagnite et Luigi Trussardi avec un line up exceptionnel réuni autour d’Olivier Giraudo.
La Boite de Jazz #4
Quel bonheur ! Oui, un véritable bonheur que de réentendre grâce à Olivier Giraudo qui a produit le disque et y tient la guitare, le merveilleux son de trompette du regretté François
Chassagnite, dans ce bel album enregistré avec une rythmique de rêve : Luigi Trussardi (hélas, depuis lui aussi disparu) à la contre- basse et Charles « Lolo » Bellonzi à la batterie, qui furent pendant plus de dix ans la rythmique de Claude Nougaro.
Composé de standards qui vont de Charlie Parker à Antonio Carlos Jobim (un magnifique “O grande amor”) ce disque est une petite merveille réalisée par quatre musiciens arrivés à la maturité de leur talent, dont l’intelligence de jeu n’a d’égale que la sensibilité de l’interprétation. Indispensable. ■
#JAZZ&CINEMA Michelangelo Antonioni Cinéaste et JazzFan
Jazz et Cinéma
Michelangelo Antonioni, Cinéaste et jazzfan par Gilbert D’Alto
Considéré par la plupart des cinéphiles , critiques et spécialistes du cinéma italien comme l’un des plus grands réalisateurs du XXème siècle,Michelangelo Antonioni était aussi un grand amateur et connaisseur de musique en général et de jazz en particulier ( Il était aussi grand amateur et connaisseur de football, mais je m’éloigne…). Suite →
#PORTRAIT Nancy Wilson
Si en France, on connait bien sûr la sainte trilogie des chanteuses de jazz, c’est-à-dire Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan et Billie Holiday, on connait beaucoup moins celle qui dans le domaine du jazz est considérée leur égale et qui , dans le domaine de la soul est comparée à Dionne Warwick et Diana Ross , j’ai nommée”The Girl With the Honey-Coated Voice » ( la fille avec la voix habillée de miel ) , Miss Nancy Wilson. Suite →
#JAZZ&POLITIQUE We Insist ! Max Roach’s Freedom Now Suite !
WE INSIST ! MAX ROACH’S FREEDOM NOW SUITE ! Par Sylvette Maurin.
Max Roach décède en août 2007, à New York, où il a toujours vécu. Sa sépulture porte, un haïku gravé: ” Yours hands shimmering on the legs of rain (tes mains chatoyantes sur les jambes de pluies). Il naquit là, 83 années auparavant. Suite →
#INTERVIEW Jay Jay ! Milteau
Jay Jay ! Milteau
Par Jean Pierre Lamouroux
Quand il se rend à Memphis, les musiciens américains saluent l’harmoniciste français Jean Jacques Milteau par un chaleureux « Jay Jay ». Un accueil bien mérité pour celui qui a su depuis des années évoquer l’histoire chargée de ce Sud des États-Unis où sont nées les plus belles pages du blues. En tournée(1) depuis l’enregistrement avec le chanteur guitariste américain Eric Bibb pour un hommage au célèbre bluesman décédé en 1949 Leadbelly, les deux musiciens s’étaient arrêtés sur la Côte d’Azur au Cap Cinéma de Cagnes sur Mer (1) à l’initiative de All That Jazz (2)
Après la disparition du Belge Toots Thielemans, Jean Jacques Milteau reste l’un des harmonicistes les plus en vue de la planète blues. Que ce soit dans son émission « Bon Temps rouler » sur TSF Jazz ou sur les scènes internationales, l’artiste, à la veste aux nombreuses poches qui renferment toutes sortes d’harmonicas, a su nous donner toute l’émotion que renvoie le blues, de plus, sa façon de présenter un titre n’a d’égal que son interprétation et , depuis sa rencontre avec le chanteur et guitariste américain Eric Bibb, on est encore plus fortement imprégné par cette musique. Un sentiment partagé par un confrère de Jazz Magazine Christian Gaufre qui disait « le blues ? Une inspiration, Memphis ? Une aspiration, l’harmonica ? Une respiration.

Jean Jacques Milteau : Je crois que c’est une musique première, on dit, il y a des Arts Premiers, le blues fait partie des Arts Premiers, il y a quelque chose d’élémentaire et en même temps d’indispensable. Où il se passe quelque chose, où il ne se passe rien , ce n’est pas un problème de technique, de productions, de chose comme ça, où il y a une communication, je dirais entre le musicien et son public ou elle n’existe pas, le blues repose là-dessus.
Jean Pierre Lamouroux : Vous n’êtes pas d’une famille forcement déshéritée, comment ce côté humaniste vous touche à ce point pour revisiter ce patrimoine culturel.
JJ M : Duke Ellington et Miles Davis ne venaient pas de familles déshéritées, mais ils jouaient aussi le blues. Je crois que çà c’est l’imagerie populaire, c’est l’origine qui vient, non pas de l’esclavage, mais l’après esclavage, les noirs se sont retrouvés rejetés, avant les esclaves étaient nourris, après, ils étaient affamés sur les routes, ils n’avaient pas le choix entre être seuls ou bien être artiste, musicien itinérant ou encore pasteur, c’étaient les trois alternatives…le blues, c’est une musique à la première personne, les artistes disent JE, c’est la première fois que les Afro-Américains s’exprimaient à la première personne.
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JP L : La guitare et l’harmonica se prêtent énormément à cette musique, y a-t-il une raison ?
JJ M : l’instrument traditionnel à corde, c’était le banjo, c’est vrai que la guitare a des notes qui durent, c’est plus facile à la faire parler parce qu’en fait, l’histoire du blues, c’est faire parler l’instrument comme les chanteurs, c’est rapprocher les instruments de la voix et pour l’harmonica, c’est assez évident parce que c’est quelque chose de physiologique. Si vous voulez, on joue beaucoup en aspirant, dans l’harmonica blues, il y a quelque chose qui est lié à la morphologie, il y a un côté gustatif.
JP L : Y a-t-il une façon très différente de jouer avec un harmonica chromatique ou diatonique (avec un piston)?
JJ M : Sur un diatonique, on joue beaucoup avec des altérations, la forme de la bouche change, la hauteur de la note c’est un peu comme un trombone à coulisse, c’est une question d’air…on en avait parlé avec Toots Thielemans, lui c’était un fantastique musicien qui jouait surtout chromatique… un jour j’avais mis la main sur son ventre quand il jouait, il m’expliquait qu’il ne jouait qu’avec le haut de la colonne d’air parce qu’il était asthmatique, il avait commencé l’harmonica quand il était gamin, c’est un docteur qui lui avait conseillé.
JP L : Découvrez-vous encore des sons nouveaux avec votre harmonica après une si longue carrière ?
JJ M : Oui, bien sûr, la liaison avec un instrument, c’est comme un couple, on a le droit de se connaître, de s’aimer, de gueuler aussi un peu, ce n’est pas tous les jours l’entente cordiale, l’instrument ne veut pas faire ce qu’on veut ou, on n’est pas ingénieux pour ce qu’on recherchait. Ce qui est intéressant sur l’harmonica, ce n’est pas franchement académique, on ne l’enseigne pas dans les Conservatoires ou très peu. Ce qui est intéressant c’est qu’il donne une certaine originalité à l’expression. Vous savez le blues techniquement c’est simple en fait, c’est basé essentiellement sur trois accords. La question, c’est à quel moment on change, ce n’est jamais pareil avec la personne avec qui vous jouez, c’est totalement différent. Le groove n’est pas le même, les accentuations ne sont pas les mêmes, ça se renouvelle toujours d’un soir sur l’autre, on pourra jouer chaque fois la même chanson, ça ne sera jamais la même chose.
JP L : J’ai lu un article, où vous disiez que vous n’étiez pas un bluesman, qu’en est-il ?
JJ M : On pourrait dire d’Éric qu’il est un bluesman, il a l’héritage de sa famille, en ce qui me concerne, je suis amateur de cette musique depuis ma tendre adolescence, j’essaie de la valoriser, j’essaie surtout de rendre les gens curieux autour d’elle, à la fois par les concerts, sur les radios…que les gens se disent, tiens, c’est curieux, on va en savoir un peu plus sur la musique, sur l’histoire des gens parce que la musique, c’est une histoire de génération.
JP L : Peut-on faire le même blues avec l’actualité de ces dernières années avec le problème des banlieues, de l’immigration, de la pauvreté, pourriez-vous composer avec l’histoire d’un syrien, par exemple, qui fuit son pays, ou un gosse errant dans la jungle de Calais ?
JJ M : Oui, bien sûr, pour l’instant justement, on a enregistré au Canada avec Eric Bibb un album intitulé Migration Blues, qui parle beaucoup de l’actualité américaine, les problèmes avec le peuple mexicain…il y a des textes très émouvants qui expriment que la terre est à tout le monde…sur le panneau, il y a interdit d’entrer, mais, en fait, on est de l’autre côté du panneau…j’aimerais ajouter, en ce moment de turpitudes que l’on devrait inscrire sur les frontons Liberté, Égalité, Fraternité et …Dignité.
Jean Pierre Lamouroux
#INTERVIEW La “Quincaillerie” de Didier Lockwood
La « Quincaillerie » de Didier Lockwood
par Jean Pierre Lamouroux
Il y a 20 ans, le violoniste de jazz Didier Lockwood quand il rencontre Stéphane Grappelli, l’un des piliers dans les années 1950 du célèbre quintet du Hot Club de France « mais comment ça marche ton usine à gaz, c’est de la quincaillerie… » dit Stéphane Grappelli au jeune musicien qui joue sur un violon électrique. Didier Lockwood depuis ce jour, a joué longtemps avec son maître avant de donner après sa disparition, des récitals en forme d’hommage comme celui en février à l’Opéra de Nice(1), la même scène où Stéphane Grappelli s’était produit un même 27 février en…1948, moment d’émotion.
Didier Lockwood : Oui, c’est normal parce que c’est Stéphane qui m’a épaulé complètement quand j’étais plus jeune. C’est lui qui m’a repéré, qui m’a emmené dans des concerts et qui m’a fait connaître le milieu du jazz, moi j’étais plutôt dans le rock avec Magma à l’époque et voilà, il m’a entendu dans un big band puis il est venu me dire, « est que ça vous plairait de me suivre dans mes concerts ? »
Jean Pierre Lamouroux : Il y a une belle anecdote avec lui au sujet de vos instruments.
Didier Lockwood : Oui, il était parti aux Etats-Unis, il avait ramené un violon Barcus Berry c’était un Fender,il l’a gardé dix jours et, il me l’a donné parce qu’il disait qu’il n’avait pas besoin de ce truc-là. ..bon, je l’ai trafiqué, j’ai essayé d’en faire autre chose (rires),à
l’époque, il voyait çà effectivement comme de la quincaillerie, de nos jours,c’est de la haute technologie. Il est différent sur sa forme et sur le matériau,il n’a pas de cordes qui donnent de la résonance, mais il en a six dont deux plus graves que le violon classique, je couvre la tessiture du violon alto et pratiquement celle du violoncelle….bien sûr, c’est moins intime à l’oreille, mais c’est plus facile pour construire des espaces parce qu’il n’y a plus de larsen.
JP L : Comment voyez-vous la musique de jazz en ce moment, peut-on classer les musiciens dans une catégorie bien définie?
Didier Lockwood : Le problème aujourd’hui, c’est que le jazz, il est parti dans une voie plus cérébrale, c’est vrai que la difficulté, c’est de voir comment les choses évoluent et surtout les jeunes musiciens, je trouve qu’il y a moins d’incarnation, il n’y a pas que dans le jazz, dans le classique aussi…mon plaisir, c’est cette incarnation, je prends du plaisir quand mon corps va dans la musique.
JP L : À quel moment, dans quelle situation vous composez ?
Didier Lockwood : Je compose sur de nombreuses routes, là j’écris une pièce de 45 minutes pour orchestre symphonique avec 6 violonistes pour l’anniversaire des 100 ans de Yehudi Menuhin, je fais des musiques de film, j’ai fini mon disque avec mon nouveau quartet avec André Ceccarelli entouré d‘Antonio Farao au piano et Darryl Hall à la basse…je vais être prétentieux (rires) tout est beau, la mélodie, le son, les espaces, bref, je renoue avec un truc digeste et bien sûr je m’occupe toujours de mon école de musique improvisée qui est en enseignement supérieur et bientôt on pourra donner des Masters.
JP L : Vous êtes toujours en ébullition musicale,est-ce une façon de garder la forme ?
Didier Lockwood : Oui, oui, vous avez raison, c’est cette drogue (rires), j’essaie de transmettre aux jeunes, je leur dis, vivez la musique, c’est la plus grande de vos richesses,profitez de chaque instant, progressez, avancez et vous verrez que dans la musique, il y a,une dimension initiatique pour bien vieillir et voir les choses et entendre mieux.
Didier Lockwood,celui qui en demande toujours plus à son violon, au cours de ce concert à Nice dans le classique titre, La Mer
il a réussi à nous faire entendre les sons des mouettes et une sirène de bateau ou encore sur Barbizon Blues où il scatte comme la voix d’un chanteur, non, le violon de Didier Lockwood n’est pas une longue… valse tranquille.
(1) Ville de Nice, La Ruche et Imago Productions avec Diego Imbert (contrebasse) et Noé Reinhardt (guitare)



