#PORTRAIT Annabel S.A

Annabel S.A, l’artiste qui a réalisé la couverture du numéro du Jazzophone #12, est une créatrice hors pair selon « Elle Magazine » (2002). Née en Normandie, elle se passionne dès son plus jeune âge pour le dessin, la mode, la peinture et l’art en général. Suite →

Ecrit par Gilbert D'Alto

#PORTRAIT Serenade to Roland

 Je devais avoir quatorze ou quinze ans lorsque Rahsaan Roland Kirk surgit dans ma vie de jeune flûtiste avec sa « Serenade to a Cuckoo ». J’avoue que j’ai mis des années à entrevoir l’héritage que ce musicien considérable laisserait. Kirk est difficile à comprendre. Il est jazzman, il joue des saxophones et de la flûte traversière comme personne… d’ailleurs, personne n’a vraiment joué comme lui ensuite. Mais que nous a donc laissé Rahsaan ?

Une empreinte de géant. Celle d’un musicien de la démesure, harnaché sur scène de deux, trois ou quatre saxophones, pourvu de flûtes accrochées à sa veste, de sifflets variés, appeaux, flûtes nasales, trumpophone1, stritch2, saxello3, cor anglais, la tête coiffée d’un bonnet gigantesque, sa cécité cachée derrière de massives lunettes noires. Celle d’un musicien météorique, actif durant seize ans, pugnace au point de jouer encore alors qu’une attaque l’avait laissé hémiplégique, en bricolant ses instruments pour pouvoir les utiliser d’une seule main. Roland Kirk, c’est l’art de jouer simultanément de plusieurs instruments. Roland Kirk, c’est l’audace de passer d’une mélodie mainstream à un solo déconstruit, c’est l’énergie d’assommer son auditoire à coups de cris fulgurants et de broder un gimmick en chantonnant dans sa flûte.

D’aucuns le présenteront comme un black master of black classical music et c’est en effet un monument qu’il s’agit de redécouvrir ici. Non un monument qu’on ne saurait gravir, mais un de ceux qui bousculent en restant terriblement humains. Issu de la génération hard-bop, Roland Kirk déploie un répertoire des prémisses du ragtime au free jazz le plus engagé. Il absorbe aussi le rock et la musique contemporaine. Tout passe par la moulinette sonore de Roland Kirk. Pour autant, jamais l’originalité n’éteint la voix de ses inspirateurs. Lorsqu’il réinterprète le « Blues for Alice » de Charlie Parker, c’est comme si l’auteur avait pris quelque substance stimulante sans jamais perdre de sa lucidité. Et puis Kirk est un véritable chercheur. Il repousse sans cesse ses limites physiques grâce à des techniques nouvelles dans le monde du jazz. Outre le jeu multiple, il développe une respiration circulaire qu’il baptise respiration sphérique comme les musiciens australiens et leur didgeridoo. De là, il tire de longs phrasés, étire des sons jusqu’à les rendre… inhumains si l’on peut dire. Il intègre au jeu de flûte traversière des techniques sonores issues de la flûte peule.

Son jeu a d’ailleurs inspiré la plupart des flûtistes des années soixante à aujourd’hui, mais aussi nombre de saxophonistes. Sans lui, Ian Anderson aurait-il été le sautillant flûtiste de Jethro Tull ? Dana Colley, saxophoniste du groupe Morphine, aurait-il joué simultanément du ténor et du baryton ? Il suffit d’écouter les soli géniaux de Sandro Cerino pour saisir que Kirk a ouvert une voie. Greg Pattillo ne maîtrise-t-il pas son flute beatboxing grâce à Kirk ? Frank Zappa, outre une performance avec lui, cite souvent Kirk, notamment dans le livret de Freak Out. Kirk, c’est le trait d’union entre jazz et pop, derviche titanesque déployant Ellington et Coltrane sur des rythmes afros, clamant des slogans politiques, ou flirtant avec la transe. Enfin, je ne me lasse pas de dire que, si le nom de Roland Kirk est ignoré du grand public, tout le monde ou presque l’a écouté dans « Soul Bossa Nova ».

Discographie kirkienne :

We Free Kings, Mercury, 1961, avec Richard Wyands, Art Davis,Charlie Persip, Hank Jones et Wendell Marshall

Kirk in Copenhagen, Mercury, 1963, avec Tete Montoliu, Niels-Henning Ørsted Pedersen, J. C. Moses, Don Moore et Sonny Boy Williamson

I Talk With The Spirits, Limelight, 1964, avec Bobby Moses, Horace Parlan, Michael Fleming, Walter Perkins et Crystal Joy Albert

Volunteered Slavery, Atlantic, 1969, avec Ron Burton, Jimmy Hopps, Dick Griffith, Charles McGhee, Vernon Martin, Charles Crosby, Sonny Brown Joe Habad Texidor, The Roland Kirk Spirit Choir

Charles Mingus, Mingus at Carnegie Hall, Atlantic, 1974

Quincy Jones, Big Band Bossa Nova, Mercury, 1962

Aujourd’hui :

Fred Couderc, Kirkophonie, Cristal Records, 2006

À lire :

Guy Cosson, Rahsaan Roland Kirk, Éditions du Layeur, 2006

1 Trompette modifiée par R. R. K.

2 Sorte de saxophone, ressemblant à un grand soprano, en mi, de la tessiture de l’alto et développé par la marque Buescher.

3 Saxophone semblable à un soprano avec un pavillon et un bocal courbés, rebaptisé manzello par Kirk.

Ecrit par Emmanuel Desestre

#Sur La Piste D’Un33 Tours – Freddie Hubbard Straight Life

Freddie Hubbard : Straight life (CTI Records 1970)Mais pourquoi j’ai pas découvert ça avant ? C’est une sensation bien connue des amateurs de musique, une sorte d’alchimie construite à cheval entre le sentiment de l’impossible recherche de perte du temps perdu, mais aussi la jubilation qu’on éprouve quand on ouvre une boite aux trésors.

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Ecrit par David Rompteau

#PORTRAIT Nancy Wilson

Si en France, on connait bien sûr la sainte trilogie des chanteuses de jazz, c’est-à-dire Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan et Billie Holiday, on connait beaucoup moins celle qui dans le domaine du jazz est considérée leur égale et qui , dans le domaine de la soul est comparée à Dionne Warwick et Diana Ross , j’ai nommée »The Girl With the Honey-Coated Voice » ( la fille avec la voix habillée de miel ) , Miss Nancy Wilson. Suite →

Ecrit par Gilbert D'Alto

#INTERVIEW Marc Peillon « 40 ans de carrière »

MARC PEILLON : QUARANTE ANS DE CARRIÈRE

Propos recueillis par Yaël Angel

Contrebassiste reconnu, directeur adjoint du conservatoire intercommunal du SIVOM de Villefranche-sur-Mer, professeur de basse et de contrebasse au conservatoire d’Antibes, organisateur d’évènements, Marc Peillon a bien quatre cordes à son arc, comme son instrument !

C’est aussi un penseur de la musique et de la vie.

« J’ai beaucoup de chance »

J’ai eu la chance de pouvoir construire ma vie autour de ma passion qu’est la musique. À 18 ans, j’ai sillonné la France avec l’orchestre de Jean-Claude Lauran. On jouait de la variété dans les bals. Moi, j’apprenais le métier. Puis, en 1985, j’ai décidé de jouer du jazz, de cette musique qui avait donné ses lettres de noblesse à mon instrument, la contrebasse. J’ai donc intégré le CNR de Nice et j’ai passé mon prix. J’ai besoin de la créativité du Jazz, cet art instantané.

« J’ai décidé de transmettre la joie  »

La musique n’est pas faite pour être mise en boite. À mon avis, l’invention de l’enregistrement est une énorme erreur. On perd les vibrations, le message. La musique doit rester un évènement physiologique. En cela, elle est pour moi un médicament, une jubilation. De toutes les émotions, c’est la joie que j’ai décidé de transmettre. D’autres musiciens choisiront la contestation ou la spiritualité. Moi j’ai choisi la joie, même si ce n’est pas trop à la mode (rires).

« L’enseignement et l’organisation d’évènements m’ont équilibré »

Il y a 25 ans, j’ai ouvert ma vie à deux nouvelles activités : l’enseignement et l’évènementiel. J’avais besoin de prendre de l’altitude par rapport à la condition de musicien, qui nous oblige à nous « vendre », à attendre  » le  » coup de fil. L’enseignement et l’événementiel m’ont libéré de cette pression. Depuis, je me sens mieux et, paradoxalement, cela m’a rapproché de la scène. Je n’ai jamais autant joué.

En ce moment, on parle beaucoup de « Pepita Musiques et Cultures », cette association que j’ai créée lorsque j’ai mis en place le festival Cap Jazz à Cap d’Ail. Pepita, à l’époque, s’occupait également de Jazz au Village, un festival que j’avais créé à Villeneuve-Loubet. Avec la collaboration de Philippe Déjardin, l’association organise actuellement le « Saint Jazz Cap Ferrat » à Saint-Jean-Cap-Ferrat et des concerts dans divers clubs de la région.

« Je suis toujours à la recherche de nouvelles planètes »

Chaque projet musical est pour moi un univers. Je suis fidèle aux musiciens que j’aime et avec lesquels je joue depuis très longtemps comme Robert Persi, Jilly Jackson, Nina Papa, Jean-Luc Danna et Fabrizio Bosso. Je ne ménage cependant pas mes efforts pour créer de nouvelles aventures.

« La peur est ce que je redoute le plus »

Ecrit par Yael Angel

#PORTRAIT Olivier Giraudo

« Bon sang ne saurait mentir » c’est ainsi que l’on pourrait définir la carrière de ce grand musicien qu’est Olivier Giraudo. Guitariste, contrebassiste, enseignant et désormais producteur, Olivier Giraudo est né à Paris en 1964. Suite →

Ecrit par Gilbert D'Alto
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