#LIVEREPORT #2 – Peillon Jazz Festival 2026

Parmi les quatre groupes de cette soirée de clôture, trois auront un accordéon et trois auront des musiciens niçois. Le parrain André Ceccarelli sera de la fête et présentera son nouveau quartet. Les cigales sont également invitées.

Honneur aux dames, c’est le Aurore Voilqué Balkan Ladies Connexion qui débute la soirée. Six instrumentistes et chanteuses Aurore Voilqué (violon – France)

Eleftheria Daoultzi (Qanun – Grèce)

Debi Botos (guitare – Hongrie)

Julia Hornung (contrebasse – Allemagne)

Ezgi Elkirmis (percussions – Turquie)

Maryll Abbass (Accordéon – France)

Du jazz dans l’esprit de Django avec des influences de méditerranée, des Balkans et de bien ailleurs. Le groupe est tout jeune mais déjà il swingue d’une étonnante façon. Le cajon dialogue avec la contrebasse, le qanum duotte avec la guitare manouche, l’accordéon instille quelques harmonies musette en mode valse. Aurore Voilqué promène son violon dans le public pour le plaisir des grands et des petits (il a beaucoup d’enfants parmi les spectateurs).

Une autre forme de jazz fusion en quelques sortes. Une musique dynamique, entrainante qui abolie les fraontières et redonne espoir en la fraternité.

Habitué du festival (il en est l’un des organisateurs) Thomas Layrac nous présente depuis quelques années son trio et ses compositions.

Thierry Chausse est à la batterie,

Gilles Triquenot à la contrebasse

et en invité Thierry Faure à l’accordéon sur quelques titres.

Le répertoire du pianiste est assez mélancolique ou rêveur, les tempos plutôt lents. On voit le sourire poindre quand il évoque, sur son clavier, sa petite fille qui grandit. Le rythme s’accélère pour le dernier thème, ironiquement intitulé « Pressé de ne pas en finir »

Et il laisse la scène à André Ceccarelli et ses amis.

Un nouveau quartet où Adrien Moignard est à la guitare,

Rémi Vignolo à la contrebasse et le fidèle Stéphane Belmondo à la trompette et bugle. Dédé qui s’approchait de sa batterie (celle de son père nous dit-il) avec précaution, semble être un autre homme (lui-même !) dès qu’il a les baguettes (et balais) en mains. Des reprises de thèmes connus, de standards qui le sont moins. Dès l’intro du deuxième morceau, André Ceccarelli nous gratifie de l’un de ses solos aussi magiques qu’époustouflants que ses trois complices du soir n’osent interrompre. Mais si ! Petit moment de grâce, d’intimité alors que Dédé quitte la scène un moment : « Amersky » interprété en duo par Rémi Vignolo et Stéphane Belmondo, dédié à la mémoire de Sylvain Luc.

Mais la joie de jouer reprend le dessus jusqu’à la fin du set où le parrain recevra un gros gâteau de petits choux pour fêter dignement ses 80 ans. (on n’en goutera pas hélas) !

Puis vient l’heure du final, le dernier set du festival avec celui que l’on espérait depuis la 1ère édition, Vincent Peirani, son accordéon et son Living Being IV au grand complet.

Tony Paeleman au Rhodes et piano ; Emile Parisien au soprano ;

Julien Herné à la basse et Yoann Serra à la batterie. Cela commence en très basse lumière, dans un bleu-vert, on distingue à peine les silhouettes des musiciens.

Puis quelques notes émergent du Rhodes

bientôt rejoint par le sax soprano puis la basse. Les baguettes sur les cymbales donnent le La à l’accordéon. La petite mélodie initiale de Le Cabinet des Enigmes évoque aux plus anciens le  I Talk To The Wind de ELP. Ils enchainent avec Physical Attraction puis L.L. et son riff de basse colossal. Julien Herné se démène en fond de scène sous le regard amusé de Yoann Serra.

Clessidra nous permet d’entendre de très belles parties de Tony Paeleman sur le magnifique Bösendorfer. L’avantage du Live sur l’album c’est qu’ils peuvent étirer les morceaux, les rendre vivants presque autonomes. C’est le cas du morceau suivant fait de trois reprises entremêlées, Under Pressure (Bowie/Queen), Glory Box (Portished) et I Want You (The Beatles) qui deviennent une entité à part du pur Living Being.

Ils finissent avec une longue suite en 3 parties Time Reflections  qui semble vouloir durer jusqu’au bout de la nuit tant chaque instrumentiste se lance dans son solo ou duotte avec l’un de ses compères. Kind of magic aurait dit Queen mais c’est ça aussi le Peillon Jazz Festival qui n’est pas fini car une jam attend les spectateurs avides de musique et de rencontres. Rendez-vous pour le 7puisque Jean Marc Rancurel, Monsieur le maire a déjà acté de celui-ci à l’entracte !

Ecrit par Jacques Lerognon

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