Fruit originel d’une communauté afro-américaine aux racines multiples, le jazz porte en lui toutes les raisons de se modeler aux évolutions du temps et de s’épanouir sur d’autres territoires, hors des Etats-Unis qui l’ont vu naître. A observer ses métamorphoses et ses adaptations, la musique jazz a ouvert une infinité de voies dans lesquelles d’immenses jazzmen, mais aussi des musiciens de tous pays, se sont engagés, permettant la découverte de nouveaux rythmes et de sons toujours réinventés. Suite →
Un livre sur le Jazz – Anita O’Day « High times, hard times »
Noir c’est noir, et pourtant c’est de la plus grande chanteuse blanche de jazz dont nous allons parler ici. Précipitez vous sur son autobiographie « High times, hard times », assurément un des plus grands livres jamais écrit sur le jazz, le vrai, pas celui des conservatoires…
Le Jazz et le triomphe du soleil
La Côte d’Azur et le Jazz, c’est avant tout une histoire d’amour, avec les Américains, sur fond de guerres mondiales. Ce nouveau courant musical, certes arrivé à un moment opportun, bénéficia de situations idéales, qui ont fait de ce territoire un centre de pratique du Jazz. Le mouvement d’euphorie et de libération qui envahit la France à deux reprises dans l’histoire marqua un intérêt pour la culture qui permit l’éclosion du Jazz.. Ce n’est pas un hasard également si plusieurs musiciens noirs américains choisiront de rester vivre en Europe, et en particulier sur la Côte d’Azur. Loin de la ségrégation qu’ils subissent aux USA, ils découvrent une région agréable et accueillante pour y travailler et y être reconnus en tant qu’artistes. Les musiciens français côtoient donc toujours autant de musiciens noirs américains, pour des concerts et des nuits endiablées dans la plupart des villes de la Côte d’Azur et ce jusqu’au bout de la nuit !! Très lié au tourisme d’abord hivernal, puis estival, le Jazz s’épanouit sur la Riviera française, qui accueille, de plus en plus, une clientèle internationale, à la recherche de sensations nouvelles et inédites.
Gato Barbieri – Le Jazz et le chat argentin
Ca commence souvent comme ça : j’avais un copain qui… Et bien, justement, ça a commencé comme ça, un copain déjà féru de Jazz et moi qui n’avais pas encore franchi le Rubicon, je découvrais, je tâtonnais, j’expérimentais, et puis le choc : sur sa chaine B & O (un peu frimeur le copain), une musique syncopée, latine, prenant aux tripes, je regarde la pochette sur le sol : Gato Barbieri ; la vague m’a emporté.
#PORTRAIT : Jean Auray – Le Luthier spécialiste de la contrebasse
Parmi les quelques luthiers spécialisés dans la fabrication de contrebasses, Jean Auray est certainement le plus couru au monde et tient une place particulière dans le coeur des jazzmen qui se sont rapidement pris d’affection pour les qualités remarquables de ses instruments. Environ 400 heures de travail par instrument, il faudrait attendre trois à quatre ans après commande d’une contrebasse à cet artisan qui ne s’est jamais « industrialisé ».
Label Blue Note
Le mythique label Blue Note vient de fêter ses 75 ans d’existence. Un anniversaire qui aura donné lieu à de nombreuses célébrations en tous genres : festivals, publications de livres ou rééditions de vinyls prestigieux.
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Portrait – François Chassagnite
Pour le quatrième anniversaire de sa disparition, Le Jazzophone ne pouvait que rendre hommage à ce grand musicien et à ce gentleman qu’était François Chassagnite.
François Chassagnite, né le 21 juin 1955 à Ussel en Corrèze, est décédé à Nice le 8 avril 2011. Il fut l’un des plus grands trompettistes de jazz français, voire internationaux. Fils de militaire, il commença par le clairon (!), avant de se tourner vers la trompette, qu’il maîtrisa rapidement.
La découverte du jazz fut pour lui capitale, et fasciné par les enregistrements de Louis Armstrong, il commença tout d’abord à oeuvrer dans le style New Orleans, puis se tourna vers le jazz moderne et le be-bop, à l’instar d’un Dizzy Gillespie. En 1976, à la fin de ses études de vétérinaire, métier qu’il n’exercera en fait jamais, il monte à Paris et court les clubs à la recherche de ses idoles, suivant en cela l’exemple de l’une des siennes, Miles Davis. Il rencontrera et jouera avec la plupart des jazzmen français et nombre de musiciens américains de passage à Paris. Il joue ainsi entre autres avec Guy Laffitte, Michel Graillier, les niçois Barney Wilen et Bibi Rovère, et développe un style riche et personnel, s’inspirant librement de celui auquel rendra un hommage émouvant, bien des années plus tard, dans l’album « Jubilation », je veux parler bien sûr de Chet Baker. Il est pris dans le tourbillon des clubs parisiens, personnage clé de ce qu’il appellera plus tard dans une interview donnée à l’auteur de ces lignes « le Swinging Paris ». S’ensuivent des tournées en Europe et à New York, et aussi en Afrique, continent dont la musique l’attire ainsi qu’il le manifestera dans l‘album « Sorgho ». Il se découvre aussi une passion pour le chant, et commence, lors de ses concerts, à entonner les mélodies des standards qu’il interprète d’une voix qui n’est pas sans rappeler celle de Chet, qui, d’ailleurs, dans un article resté célèbre, nomma François comme l’un de ses trompettistes favoris. Car son jeu n’a pas la rudesse d’un Hubbard ou d’un Lee Morgan, mais bien le lyrisme d’un Clifford Brown ou d’un Miles Davis. Je me souviens d’ailleurs à ce propos d’un grand « I remember Clifford » joué par lui avec une tendresse infinie. Au cours des années 90, il s’installe à Nice et obtient le poste de Professeur de trompette au CNNR de Nice, section jazz bien sûr. Il jouit immédiatement d’une grande popularité parmi les élèves, tant sont grandes « son écoute et sa proverbiale gentillesse » tel qu’en témoigne l’une d’entre eux, la chanteuse Deborah De Blasi. Parallèlement à cela, il participe au groupe « Epistrophy », où il retrouve le contrebassiste Bibi Rovère, ainsi que le pianiste Fred D’Oelsnitz et le batteur Bernard Weidmann. Puis, il enregistre l’album « Un Poco Loco » en compagnie toujours de Fred D’Oelsnitz, du bassiste Fabrice Bistoni et du batteur Yoann Serra. Album qui présente un hard bop de très belle facture. Une réussite. Il crée ensuite un quintet avec le saxophoniste Sébastien Chaumont et le pianiste Olivier Slama, quintet qui se produit dans nombre d’endroits de la Côte, ainsi qu’au festival de Marciac. Il rejoint également le pupitre de trompettes du Nice Jazz Orchestra dirigé par Pierre Bertrand.
Musicien de grand talent, au style inégalable, il se doublait d’un être humain de grande qualité, attentif et généreux. Son dernier enregistrement paru fut « Chat ssagnite », enregistré avec trois guitaristes dont Olivier Giraudo, et dont la pochette était illustrée par son ami de longue date (et fou de jazz !), le dessinateur Siné. Selon toute vraisemblance devrait paraître cette année son dernier enregistrement en public, le concert qu’il donna au CNRR en tant que membre du septet de Fred D’Oelsnitz, qui comprenait également Sébastien Chaumont au sax alto, Selim Nini au ténor, François Gallix à la contrebasse, Stéphane Foucher à la batterie et Sandrine Destefanis au chant. Après avoir donné un concert au club niçois « Le Sézamo » le 7 avril 2011, en compagnie de Seb et de la chanteuse américaine Denia Ridley, il s’éteint au petit matin d’une crise cardiaque. François restera un météore dans le ciel du jazz azuréen qu’il éclaira hélas brièvement, mais dont la lumière reste à jamais dans nos souvenirs.
Franco Cerri – La guitare Jazz en Italie
Pourquoi écrire des articles sur le jazz italien ? Pour différentes raisons, la première est géographique. Ici sur la Côte d’Azur, nous sommes vraiment à côté de l’Italie et la musique comme langage et véhicule de communication permet beaucoup de rencontres et collaborations entre les musiciens italiens et français. La deuxième est que le premier disque de l’histoire du jazz a été publié par Nick La Rocca un trompettiste italo-americain né à New Orleans mais d’origine italienne. Les autres raisons sont que l’histoire du jazz est remplie de musiciens d’origine italienne, des pionniers comme Joe Venuti (Giuseppe Venuti) Eddie Lang (Salvatore Massaro) ou Buddy de Franco, Stéphane Grappelli, Tony Scott (Antonio Sciacca), Joe Pass (Giuseppe Passalaqua), Henry Mancini (Enrico Nicola Mancini), Lenny Tristano, Al Viola, Chick Corea, Al Di Meola, Joe Lovano, John Patitucci et les crooners Frank Sinatra, Dean Martin et Louis Prima…
Ok, c’est clair on a beaucoup d’italiens dans l’histoire du jazz, nous sommes d’accord, et également beaucoup de musiciens de jazz en Italie. Et pour le Jazzophone, je veux parler du père de la guitare jazz en Italie, Franco Cerri, né en 1926, avec qui j’ai eu la chance de collaborer quelques années. Il débute en 1945 avec l’orchestre de Gorni Kramer, et en 1949 il joue avec Stéphane Grappelli et Django Reinhardt pendant deux semaines à l’Astoria club de Milan. Pendant les années suivantes, plusieurs collaborations avec Lee Konitz, Gerry Mulligan, Shirley Bunnie Foy, Tony Scott, Billie Holliday et Chet Baker (dans l’enregistrement de « Chet Baker in Milan », il joue de la contrebasse). Il a aidé la diffusion du jazz en Italie avec la direction pour la télévision de beaucoup de programmes dédiés à cette musique. En 1973 il forme un nouveau groupe avec les meilleurs jeunes musiciens de l’époque, la crème de la crème : Pino Presti à la basse électrique, Tullio de Piscopo à la batterie, Giorgio Baiocco au saxophone et Nando De Luca au piano,. La sonorité change, devient beaucoup plus âpre et électrique. Franco est très connu pour sa manière d’harmoniser la musique. En Italie on dit souvent entre musiciens « joue des accords à la Franco Cerri ».
Une carrière très, très, longue. Beaucoup de belles rencontres, plusieurs livres didactiques écrits sur la guitare, une discographie énorme avec les plus grands musiciens et, en 1987, il devient professeur et président de l’école de musique Civica à Milan.
Franco a aujourd’hui 90 ans. Il est toujours en activité et donne des concerts dans le monde entier. C’est une personnalité dotée de beaucoup d’humour et d’énergie, c’est vrai que la musique rallonge la vie et fait rester jeune dans l’esprit !
Jazz et Cinéma
Jazz et cinéma sont sans conteste les deux arts majeurs apparus et développés au XXe siècle, et cela aux États-Unis d’Amérique. Même si la France inventa le second et accueillit le premier avec ferveur. Leur rencontre était donc inévitable. Suite →



