#JAZZ&WORLD The Jazzy king

Jazz et Histoire par Sir Ali

Le roi dévoué à la Nouvelle-Orléans « The Jazzy King »

Si vous êtes un lecteur du Jazzophone et en visite à la Nouvelle-Orléans, vous allez forcément vous trouver dans le French Quarter et, là, vous allez instinctivement pénétrer dans le Preservation Hall, le club le plus historiquement renommé de ce quartier, berceau du jazz. Une fois que vous êtes confortablement installé, vous allez remarquer que, prés d’une de ses entrées, trône une grande affiche du Roi de Thaïlande « The Jazzy King ». Et si vous cliquez sur un lien situé sur l’écran en dessous, vous allez voir et entendre le monarque jouant un solo de clarinette franchement swinguant, filmé dans cette même salle !

Le 26 octobre 2017, la planète terre a vécu sa cérémonie le plus grandiose de ces derniers siècles…en direct de Bangkok et en mondovision, pendant une journée entière. Cet évènement majeur et sans précèdent, c’était les obsèques, après un an de deuil, du Roi des Thaïlandais, S.M Bhumibol Adulyadej, décédé le 13 octobre de l’année précédente, à l’âge de 88 ans. Bien plus qu’un roi, surnommé King Rama IX, il était considéré comme un demi-dieu par son peuple. Figurant parmi les hommes les plus riches du monde, il fut le monarque dont le règne a battu tous les records de longévité. Le 5 décembre 1946, le jour de son anniversaire, Sa Majesté, Bhumibol Adulyadej, montait sur le trône de Thaïlande pour un règne de 62 ans.

Par ailleurs, le Roi Rama IX était un vrai artiste et un ardent défenseur de la culture. Sur les photos, on le voit toujours avec un appareil photo autour du cou ou avec un instrument de musique dans les mains.

« the King of Swing meets the Jazzy King » 

En effet, c’était un saxophoniste très habile qui maîtrisait également le piano, la  guitare, la trompette, la clarinette…..et il était un passionné du jazz. Il adorait jouer plusieurs genres de sa musique préférée ; swing, be-bop et ragtime, mais surtout le Dixieland de la Nouvelle-Orléans. Johnny Hodges et Benny Carter étant ses idoles du saxophone suave, mais, avant tout, Sidney Bechet et Louis Armstrong restèrent ses modèles. Il a collaboré avec des vedettes incontournables du jazz, comme Benny Goodman*, Stan Getz ou Lionel Hampton**, mais le sommet de sa joie et fierté, c’était ses jam-sessions à Préservation Hall avec l’orchestre maison.

En souvenir de Bhumibol Adulyadej et pour commémorer sa légende, l’ambassade  US à Bangkok a fait venir jouer les 15 et 16 juillet 2017 l « The New Orleans All Stars » qui  furent le dernier groupe qui se produisit pour le Roi.

Durant une dizaine d’années, à partir de 1946, le Roi Rama IX avait également composé une cinquantaine de morceaux de jazz, swing et du blues, sous forme de ragtime, fox-trot, valse…

Sur « YouTube », on peut écouter des centaines de versions instrumentales ou vocales de ses chansons…. On trouve même des disques entièrement dédiés à ses propres compositions.

Dés la fin des années 40, le roi avait constitué un orchestre de Dixieland/Swing avec les meilleurs jazzmen de son pays pour interpréter ses œuvres et reprises des musiques de ses héros du jazz américain. Il a même construit une station de radio où le groupe jouait en direct tous les vendredis soir.

 

Grâce à leur distinction, leur chaleur et leurs mélodies attrayantes, mais toujours subtiles, ces œuvres ont surtout été interprétées par de nombreux musiciens en Asie, Europe et USA, sous la forme du Jazz « New Orleans », « Swing » et, dernièrement, du « Jazz Fusion » avec l’album « Jazz King » du guitariste Larry Carlton.

Claude Bolling était l’ami intime et le spécialiste des œuvres du roi en France sur scène et les enregistrements discographiques ont repris ses compositions phares, telles que Candlelight Blues, Love at Sundown et Falling Rain. Woody Allen ne connaissait pas le roi personnellement, mais il a interprété ses titres avec son groupe de Dixieland.

Sir Ali 12/2017

* En 1956, Benny Goodman a joué avec le roi au célèbre Ambara Throne Hall de Bangkok et puis, pendant sa visite aux USA en 1960, le roi a joué avec Goodman à New York.

**En 1987, dans un article du magazine Thaï Sawasdee, Lionel Hampton dit de lui « He is the coolest King in the land » (C’est le roi le plus cool du monde).

 

 

Ecrit par Sir Ali

#INTERVIEW Sylvain Luc

Jazz et Histoire par Sir Ali

Le roi dévoué à la Nouvelle-Orléans « The Jazzy King »

Si vous êtes un lecteur du Jazzophone et en visite à la Nouvelle-Orléans, vous allez forcément vous trouver dans le French Quarter et, là, vous allez instinctivement pénétrer dans le Preservation Hall, le club le plus historiquement renommé de ce quartier, berceau du jazz. Une fois que vous êtes confortablement installé, vous allez remarquer que, prés d’une de ses entrées, trône une grande affiche du Roi de Thaïlande « The Jazzy King ». Et si vous cliquez sur un lien situé sur l’écran en dessous, vous allez voir et entendre le monarque jouant un solo de clarinette franchement swinguant, filmé dans cette même salle !

Le 26 octobre 2017, la planète terre a vécu sa cérémonie le plus grandiose de ces derniers siècles…en direct de Bangkok et en mondovision, pendant une journée entière. Cet évènement majeur et sans précèdent, c’était les obsèques, après un an de deuil, du Roi des Thaïlandais, S.M Bhumibol Adulyadej, décédé le 13 octobre de l’année précédente, à l’âge de 88 ans. Bien plus qu’un roi, surnommé King Rama IX, il était considéré comme un demi-dieu par son peuple. Figurant parmi les hommes les plus riches du monde, il fut le monarque dont le règne a battu tous les records de longévité. Le 5 décembre 1946, le jour de son anniversaire, Sa Majesté, Bhumibol Adulyadej, montait sur le trône de Thaïlande pour un règne de 62 ans.

Par ailleurs, le Roi Rama IX était un vrai artiste et un ardent défenseur de la culture. Sur les photos, on le voit toujours avec un appareil photo autour du cou ou avec un instrument de musique dans les mains.

« the King of Swing meets the Jazzy King » 

En effet, c’était un saxophoniste très habile qui maîtrisait également le piano, la  guitare, la trompette, la clarinette…..et il était un passionné du jazz. Il adorait jouer plusieurs genres de sa musique préférée ; swing, be-bop et ragtime, mais surtout le Dixieland de la Nouvelle-Orléans. Johnny Hodges et Benny Carter étant ses idoles du saxophone suave, mais, avant tout, Sidney Bechet et Louis Armstrong restèrent ses modèles. Il a collaboré avec les vedettes incontournables du jazz, comme Benny Goodman*, Stan Getz ou Lionel Hampton**, mais le sommet de sa joie et fierté, c’était ses jam-sessions à Préservation Hall avec l’orchestre maison.

En souvenir de Bhumibol Adulyadej et pour commémorer sa légende, l’ambassade  US à Bangkok a fait venir jouer les 15 et 16 juillet 2017 l « The New Orleans All Stars ». furent le dernier groupe qui se produisit pour le Roi.

Durant une dizaine d’années, à partir de 1946, le Roi Rama IX avait également composé une cinquantaine de morceaux de jazz, swing et du blues, sous forme de ragtime, fox-trot, valse…

Sur « YouTube », on peut écouter des centaines de versions instrumentales ou vocales de ses chansons…. On trouve même des disques entièrement dédiés à ses propres compositions.

Dés la fin des années 40, le roi avait constitué un orchestre de Dixieland/Swing avec les meilleurs jazzmen de son pays pour interpréter ses œuvres et reprises des musiques de ses héros du jazz américain. Il a même construit une station de radio où le groupe jouait en direct tous les vendredis soir.

Grâce à leur distinction, leur chaleur et leurs mélodies attrayantes, mais toujours subtiles, ces œuvres ont surtout été interprétées par de nombreux musiciens en Asie, Europe et USA, sous la forme du Jazz « New Orleans », « Swing » et, dernièrement, du « Jazz Fusion » avec l’album « Jazz King » du guitariste Larry Carlton.

Claude Bolling était l’ami intime et le spécialiste des œuvres du roi en France sur scène et les enregistrements discographiques ont repris ses compositions phares, telles que Candlelight Blues, Love at Sundown et Falling Rain. Woody Allen ne connaissait pas le roi personnellement, mais il a interprété ses titres avec son groupe de Dixieland.

Sir Ali 12/2017

* En 1956, Benny Goodman a joué avec le roi au célèbre Ambara Throne Hall de Bangkok et puis, pendant sa visite aux USA en 1960, le roi a joué avec Goodman à New York.

**En 1987, dans un article du magazine Thaï Sawasdee, Lionel Hampton dit de lui « He is the coolest King in the land » (il est le roi le plus cool du monde).

Ecrit par Jean-Pierre Lamouroux

#JAZZ&HISTOIRE Le Roi dévoué à la Nouvelle-Orléans “The Jazz King”

 

Si vous êtes un lecteur du Jazzophone et en visite à la Nouvelle-Orléans, vous allez forcément vous trouver dans le French Quarter et, là, vous allez instinctivement pénétrer dans le Preservation Hall, le club le plus historiquement renommé de ce quartier, berceau du jazz. Une fois que vous êtes confortablement installé, vous allez remarquer que, prés d’une de ses entrées, trône une grande affiche du Roi de Thaïlande « The Jazzy King ». Et si vous cliquez sur un lien situé sur l’écran en dessous, vous allez voir et entendre le monarque jouant un solo de clarinette franchement swinguant, filmé dans cette même salle !

Le 26 octobre 2017, la planète terre a vécu sa cérémonie le plus grandiose de ces derniers siècles…en direct de Bangkok et en mondovision, pendant une journée entière. Cet évènement majeur et sans précèdent, c’était les obsèques, après un an de deuil, du Roi des Thaïlandais, S.M Bhumibol Adulyadej, décédé le 13 octobre de l’année précédente, à l’âge de 88 ans. Bien plus qu’un roi, surnommé King Rama IX, il était considéré comme un demi-dieu par son peuple. Figurant parmi les hommes les plus riches du monde, il fut le monarque dont le règne a battu tous les records de longévité. Le 5 décembre 1946, le jour de son anniversaire, Sa Majesté, Bhumibol Adulyadej, montait sur le trône de Thaïlande pour un règne de 62 ans.

Par ailleurs, le Roi Rama IX était un vrai artiste et un ardent défenseur de la culture. Sur les photos, on le voit toujours avec un appareil photo autour du cou ou avec un instrument de musique dans les mains.

« the King of Swing meets the Jazzy King » 

En effet, c’était un saxophoniste très habile qui maîtrisait également le piano, la  guitare, la trompette, la clarinette…..et il était un passionné du jazz. Il adorait jouer plusieurs genres de sa musique préférée ; swing, be-bop et ragtime, mais surtout le Dixieland de la Nouvelle-Orléans. Johnny Hodges et Benny Carter étant ses idoles du saxophone suave, mais, avant tout, Sidney Bechet et Louis Armstrong restèrent ses modèles. Il a collaboré avec les vedettes incontournables du jazz, comme Benny Goodman*, Stan Getz ou Lionel Hampton**, mais le sommet de sa joie et fierté, c’était ses jam-sessions à Préservation Hall avec l’orchestre maison.

En souvenir de Bhumibol Adulyadej et pour commémorer sa légende, l’ambassade  US à Bangkok a fait venir jouer les 15 et 16 juillet 2017 l « The New Orleans All Stars ». furent le dernier groupe qui se produisit pour le Roi.

Durant une dizaine d’années, à partir de 1946, le Roi Rama IX avait également composé une cinquantaine de morceaux de jazz, swing et du blues, sous forme de ragtime, fox-trot, valse…

Sur « YouTube », on peut écouter des centaines de versions instrumentales ou vocales de ses chansons…. On trouve même des disques entièrement dédiés à ses propres compositions.

Dés la fin des années 40, le roi avait constitué un orchestre de Dixieland/Swing avec les meilleurs jazzmen de son pays pour interpréter ses œuvres et reprises des musiques de ses héros du jazz américain. Il a même construit une station de radio où le groupe jouait en direct tous les vendredis soir.

Grâce à leur distinction, leur chaleur et leurs mélodies attrayantes, mais toujours subtiles, ces œuvres ont surtout été interprétées par de nombreux musiciens en Asie, Europe et USA, sous la forme du Jazz « New Orleans », « Swing » et, dernièrement, du « Jazz Fusion » avec l’album « Jazz King » du guitariste Larry Carlton.

Claude Bolling était l’ami intime et le spécialiste des œuvres du roi en France sur scène et les enregistrements discographiques ont repris ses compositions phares, telles que Candlelight Blues, Love at Sundown et Falling Rain. Woody Allen ne connaissait pas le roi personnellement, mais il a interprété ses titres avec son groupe de Dixieland.

Sir Ali 12/2017

* En 1956, Benny Goodman a joué avec le roi au célèbre Ambara Throne Hall de Bangkok et puis, pendant sa visite aux USA en 1960, le roi a joué avec Goodman à New York.

**En 1987, dans un article du magazine Thaï Sawasdee, Lionel Hampton dit de lui « He is the coolest King in the land » (il est le roi le plus cool du monde).

Ecrit par Sir Ali

#CHRONIQUE La Trilogie du Centenaire

 

 

Christian Scott  The Centennial Trilogy / Stretch Music 2017

La trilogie du centenaire.

Par David Rompteau

Roulez tambours, préparez le gumbo et  lancez les « beads » de Mardi gras si chers aux habitants de la Nouvelle Orléans. Christian Scott l’enfant du pays,  a marqué de son empreinte l’année 2017 ; celle des cent ans  du premier enregistrement de musique Jazz ; avec trois albums. Regardons  de plus près.

Avec Ruber Rebel, la musique se veut roots, africaniste, profonde, sorte d’écrin aux envolées du trompettiste Néo Orléanais qui s’en donne à cœur joie. Cet album ravira les fans de la première période du musicien. Diaspora  fait la part belle aux accompagnateurs de Christian Scott, dans la pure tradition des entertainers. Le disque est ponctué d’interventions de guests, concept que le musicien adore. La musique proposée se veut éclectique, raffinée et les arrangements soignés. Brillant ! Enfin, avec  The Emancipation Procrastination le musicien nous transporte dans le très, très pointu. Politique, engagé, ce dernier opus de la trilogie, assez proche de l’univers de  Stretch Music est un vœu d’espoir  porté à la face du monde pour ne pas avoir des « dirigeants incapables et mauvais »  et on se demande à qui le musicien peut bien penser. Cet album clôt à merveille le trio du cru 2017 de l’artiste.

Roulez tambours, préparez  le gumbo et  lancez les « beads » de mardi gras. Christian Scott  fait partie des artistes qui ont fait, font  et feront pour longtemps encore nous l’espérons, l’histoire du jazz !

 

www.christianscott.tv

 

Ecrit par David Rompteau

#INTERVIEW Les Trompettes de Christian Scott

Traduction : Monique Bornstein  et J.louis Neveu

Baigné depuis sa plus tendre enfance dans l’atmosphère légendaire de la Nouvelle Orléans, Christian Scott est le digne successeur des trompettistes qui ont écrit la légende de la Louisiane. Un étrange musicien qui a transformé cet instrument parce qu’il n’aimait pas le son… de la trompette. Il était de passage à Nice dans le cadre des Nice Jazz Festival Sessions, invité par la ville de Nice et Imago Records. Suite →

Ecrit par Jean-Pierre Lamouroux

#INTERVIEW Monique Bornstein

Monique Bornstein, peintre qui vit et travaille à Villefranche-sur-Mer, (son atelier/galerie est situé au-dessus de celui qu’occupait Jean Cocteau) c’est l’histoire de deux passions, celle de la peinture, qu’elle pratique avec succès depuis de nombreuses années et qui l’a menée à exposer aux quatre coins du monde, des USA (New York, Miami et surtout la Nouvelle-Orléans) à l’Angleterre en passant par la Suisse, les Pays-Bas, le Canada, Paris, Londres, Bruxelles, etc… et celle du jazz dont elle passionnée depuis l’adolescence, et qui constitue l’un de ses sujets de prédilection, comme on peut le constater dans le magnifique livre qu’elle a consacré à la Nouvelle-Orléans « Spirit of New-Orleans » où ses portraits de musiciens légendaires de la ville comme (entre autres) Fats Domino ou Allen Toussaint, la famille Marsalis ou James Andrews et son frère Trombone Shorty, et d’autres, moins connus, mais tout autant magnifiés, vous sautent au visage, criants de vérité et de swing. Le livre est en outre truffé d’anecdotes, drôles, touchantes ou pittoresques.

Suite →

Ecrit par Gilbert D'Alto

#JAZZ&HISTOIRE Nola est aussi Funky

Jazz et Histoire par Gilbert D’Alto
NOLA est aussi Funky!

Lorsqu’on évoque le Funk, un nom vient tout de suite à l’esprit, celui de James Brown, né à Macon, Georgia. Mais peu de gens savent que les origines du funk ,cette musique qui nous vient de la soul et du jazz, remontent aux années 1950 à La Nouvelle-Orléans où l’idée de ces rythmiques est venue des bars  qui étaient pauvres et ne possédaient qu’un piano pour distraire la clientèle. Le piano était pour les musiciens l’instrument idéal pour synthétiser à la fois la basse, la batterie, la guitare, le chant ou les cuivres sur un seul instrument. Le mot «Funky»  fut employé la première fois par le batteur néo -orléanais Earl Palmer pour indiquer à ses musiciens la couleur qu’ils devaient jouer. Le funk débarqua ensuite dans les rues de La Nouvelle-Orléans, interprété par les Brass Bands, mais le piano reste l’instrument mythique dans lequel se sont illustrés des musiciens aussi typiques de la musique néo-orléanaise que Professor Longhair, Dr John , dont la vie est un véritable roman et qui commença sa carrière à 14 ans dans les bouges et les maisons de passe du French Quarter. Ou encore le légendaire  pianiste et producteur Allen Toussaint, qui produisit d’ailleurs le hit planétaire, soul-funk de NOLA « Lady Marmalade « pour Patti Labelle, et dont les paroles « He met her in down in old New Orleans , struttin her stuff on the street’’ et le refrain en français « Voulez vous coucher avec moi ce soir ? » ont fait le tour du monde.

Le funk de la Nouvelle Orléans se caractérise donc par cette rythmique bringuebalante unique au monde, et un apport fort  des cuivres , spécialement trombone et trompette. D’ailleurs la trompette est l’un des instruments rois de la Nouvelle-Orléans, dont plusieurs stars de l’instrument sont originaires , citons Buddy Bolden,  Louis Armstrong, Louis Prima, Wynton Marsalis, Terence Blanchard, Christian Scott…Mais revenons au funk, et à celui de Nola en particulier ( NOLA est l’acronyme de New Orleans, LouisianA), Son originalité s’explique par le fait que New Orleans, , ville autrefois française , berceau de l’un des plus grand mélanges de population des USA ( Noirs, Hispaniques, français, Créoles, italiens , etc) de par son histoire musicale et l’existence de son carnaval était prédisposée à être l’un des berceaux du funk. L’instrumentation y est dépouillée, le jeu y est débridé et foisonnant, aux croisements du rhythm and blues, de la soul et du jazz. Depuis les années cinquante et celles qui ont suivi, se sont illustrés nombre de grands artistes dans cet idiome, qui l’ont chaque fois personnalisé et modifié . Parmi ceux -ci nous pouvons citer  Irma  Thomas, «  the soul queen of New Orleans ( mais qui dut fuir la ville quand sa maison fut dévastée par l’ouragan Katrina),  les grands vocalistes Betty Harris ( « Soul perfection ») ou Aaron Neville ( «  Tell it like it is » «Hercules « , deux hits majeurs ) les  précités Allen Toussaint et Dr John , Chocolate Milk , produits par Toussaint et auteurs d’un morceau-phare,  aux paroles très engagées «Action Speaks Louder Than Words », les Meters, qui étaient les musiciens de studio les plus courus d’Amérique, auteurs du classique du NOLA Funk «Cissy strut » et qui firent une tournée mondiale en 1ère partie des Rolling Stones , (grands amateurs, Keith Richards surtout,  de musique néo-orléanaise , ils employèrent Dr John, , reprirent « Time is on my side «  d’Irma Thomas , et produisirent l’album des Neville Brothers «  Fiyo on the bayou ») . Les Neville Brothers, issus des Meters,  furent  justement l’incarnation même du son funk de New Orleans dans les années 90, en particulier avec l’album « Yellow Moon »produit par Daniel Lanois. Cet album  fit l’objet d’un mythique concert filmé, auquel ont participé des invités prestigieux comme Herbie Hancock ou John Hiatt.
A  l’heure actuelle le funk est toujours très vivant à la Nouvelle-Orléans et des musiciens comme Kermit Ruffins, le Dirty Dozen Brass Band ou bien sur Trombone Shorty  « Keep the spirit alive » ( gardent  l’esprit en vie ) . New Orleans Funk is here to stay.

Ecrit par Gilbert D'Alto

#JAZZ&VOYAGE Jazz Tour

Par Corinne Naidet & Jacques Lerognon

On ne va pas en Louisiane par hasard. Cet état du sud engendre chez tout amateur du jazz des images de fanfares déambulant dans les rues jusqu’au bout de la nuit, à la rythmique étincelante et bruyante, des rêves de clubs où se succèdent, all night long, des groupes talentueux composés- entre autre- des musiciens maniant le washboard, le banjo. Car on est bien ici dans le mythe, la Nouvelle Orléans étant très officiellement le lieu où naquit et prospéra le jazz. Le voyageur part, il faut bien l’avouer, avec une image d’Épinal où la communauté noire, depuis les champs de coton des anciennes plantations jusqu’aux usines polluantes actuelles, se délasse et s’éclate en improvisant une jam session sur le pas d’une maison en bois. Et quand le susdit touriste débarque à la Nouvelle Orléans, imprégné des images de Katrina et ayant dévoré tous les épisodes de la série Treme, quelle n’est pas sa surprise de voir-et d’entendre- que son imagination ne lui jouait pas des tours. Voici une visite subjective en six albums et une dizaine de lieux, de la Nouvelle Orléans jusqu’au fond des bayous pour finir dans la ville de la culture et de la musique cajun, Lafayette.

Exterieur Nuit: Commençons par le passage obligé : Bourbon Street où les prostituées côtoient les texans en goguette, plus intéressés par l’alcool et le sexe que par la musique. Pourtant, les volutes d’une bonne vielle clarinette dixieland chuinte à travers la porte entrouverte d’un club réputé. Rentrons…

Non loin, dans une petite rue perpendiculaire, un des endroits les plus fameux du French Quarter, le “Preservation Hall”. Dehors, badauds et amateurs attendent le début du prochain set, l’orchestre maison est là ce soir, le Preservation Hall Jazz Band assure toute la nuit de 18 à 22h par périodes de 45′. Leur jazz traditionnel est teinté de funk quelques peu épicé à la sauce cubaine. Charlie Gabriel (85 ans) a toujours bon pied bon œil.

Preservation Hall Jazz Band : So It Is (Legacy)

La déambulation se poursuit vers Frenchmen Street, un coin de rue, un rassemblement, un Brass Band fait l’aubade aux touristes. Trompettes, trombones et tubas invoquent les dieux du jazz et de la bière. Ambiance festive, le chapeau passe, les dollars remplissent vite la casquette Nike. Cela aurait très bien pu être, le Treme Brass Band, mais ils jouent ce soir-là, non loin, au 668 sur la scène du DBA.

Treme Brass Band: Gimme My Money Back (Arhoolie Records)

 

Il est trop tôt pour se coucher. Au cœur du quartier Marigny, le Spotted Cat nous tend les bras. Le trompettiste John Zarsky et ses Trad Stars jouent une version très pimpante de “When I’m 64” des Beatles. Un groupe jeune, sympa et rieur. Nous resterons un moment à profiter de leur jazz traditionnel des années 20-40 qu’ils préfèrent malicieusement nommer “Archaic Pop”. C’est sur le chorus de banjo de “Suck My Dixieland” que l’on se fond dans la nuit.

The Trad Stars “One Night Only” (Bandcamp) 

Extérieur Jour: La Royal Street est piétonne, des bars, des restaurants, des échoppes.  Et des musiciens. Place au blues traditionnel ou presque. Un washboard, une guitare resonator, un ampli. Des reprises, des compos. On s’arrête, on écoute, on repart puis on revient, un air connu. Non, juste le plaisir. Dans le flight case, des CD autoproduits, des billets de 1$.

Brad the Washboardist  (Youtube)

Interieur Jour: C’est l’heure d’un petit rafraichissement. Au Bamboola’s, cocktails express. Mark Rubin, un mandoliniste et un guitariste Chip Wilson, égrainent des complaintes entre blues et country. Mais le battement de pied est bel et bien swing. Mark raconte qu’il peut fait jusqu’à sept sets par jour pour gagner de quoi subsister. Il ne dédaigne pas, certains soirs, sortir son tuba pour jouer du ragtime ou dans un orchestre Klezmer. C’est aussi ça la Nouvelle Orléans.

Mark Rubin Jew of Oklahoma: Southern Discomfort (Rubinchik Recordings)

Quittons la ville pour le nord, les bayous. Rythme de vie apaisé. Un groupe de blues rock répète en plein après-midi dans un troquet sombre. Plus tard, autour d’une assiette d’alligator sauce piquante, soirée dance. Octogénaires endimanchés exécutent de belles passes de rock au son du petit orchestre local.

Enfin Lafayette et une “songwriters night” :  chacun teste ses compos devant un public bienveillant. Changement d’atmosphère, non loin. La Blue Bayou Jam Session. Jusqu’à 15 musiciens sur la petite scène extérieure. Les anciens accueillent les plus jeunes avec leur mandoline, violon ou simple paire de cuillères. L’accordéon diatonique en Do mène la danse, du cajun, de la zydeco mais aussi et en français, une petite bourrée.

Jamie Bergeron & The Kickin’ Cajuns: Your New CD! (KC Entertainment)

Laisse le bon son rouler!

 

Ecrit par Corinne Naidet

#JAZZ&HISTOIRE Du silence à la résistance

Jazz & Histoire

Du silence à la résistance

Par Corinne Naidet

« Le Jazz ici en Allemagne c’est devenu pire  qu’un virus ». Ainsi s’exprime un des musiciens qui doit fuir l’Allemagne en 1939 dans le roman “3minutes 33 secondes”. Titre qui correspond au temps d’enregistrement d’un morceau de Chip Jones et Sid Griffiths, deux Américains qui rejoindront les États-Unis tandis que le troisième musicien, Hiéro Falk, le môme,  métis allemand, était arrêté à Paris puis déporté. Des années plus tard, alors que Chip et Sid reviennent en Europe pour assister à un film en hommage à Hiéro, le premier annonce au second que leur ami n’est pas mort en déportation mais les attend, chez lui, au fin fond de la Pologne. Commence un long voyage à travers le temps; Sid revivant les derniers mois en Allemagne, leur fuite à Paris, leur errance. Mais surtout les trahisons, les lâchetés de certains en ces temps délétères. Les moments de grâce aussi, leur rencontre avec Louis Armstrong dans la capitale française au moment de la drôle de guerre. Et puis la musique et le talent du môme, Hiéro quand il soufflait dans sa trompette.  « La musique aurait retenti comme une sirène de navire qui sonne au large dure, brillante, claire. Le môme, putain, il la rendait trouble, en faisant passer les notes pas seulement par-dessus les mers, mais aussi à travers la terre. ». En 1940, Hiéro se tut.

Les protagonistes de ce roman sont fictifs mais ils nous permettent d’évoquer ce qu’il advint du jazz sous le national-socialisme. Dés l’automne 1935, Eugen Hadamnovsky, directeur de la radiodiffusion allemande bannissait totalement tout ce qui pouvait ressembler à ces “musiques de nègres ou de juifs”. La culture nazie -oxymore ?- se devait d’éliminer toute trace de métissage, tout art dégénéré, lorsque celui-ci était issu de races impures ou  du “bolchevisme musical”.  En 1937 fut organisé le salon des arts dégénérés à Munich : des milliers de toiles furent ainsi décrochées des musées et certaines furent exposées afin de montrer  ” La souillure de l’étranger” de l’art moderne. Une année plus tard se tiendra à Düsseldorf le salon des musiques dégénérées : là où la cadence, l’ordre des musiques officielles résonne avec les marches lors des défilés ou des exécutions dans les camps de concentration, le swing et les improvisations ne sont qu’une dégénérescence de cet art. L’affiche de cette exposition montre un saxophoniste noir porteur de l’étoile jaune : c’est un détournement avilissant de l’opéra jazz d’Ernst Krenek, Jonny spielt auf, créé dans les années 20. Wilhelm Furtwängler, promoteur de la musique officielle nazie se plaisait à dire : « Il y a dans la musique des choses qui ont une valeur éternelle. Il y a un fossé entre elles et la musique de jazz. » Conséquence immédiate, les compositeurs et interprètes de ces courants musicaux se virent très vite privés de moyens d’expression et donc d’existence. Beaucoup n’eurent d’issue que le suicide.  A la censure suivront les arrestations et les déportations. Ainsi Martin Roman, pianiste de jazz, est enfermé à Theresienstadt, où il est contraint de jouer dans un film montrant les Ghettos Swingers, ou comment les prisonniers pouvaient se distraire dans ce camp de la mort. Avec d’autres artistes, ils furent ensuite emmenés à Auschwitz. Il survécut, contrairement aux autres, exécutés dès l’arrivée au camp.

D’un autre côté, à Berlin comme dans toutes les autres grandes villes, en particulier à Hambourg, “les swings kids” font de la résistance. Ainsi que les zazous, en France, une forme de résistance apparait : on organise des concerts dans des caves, ou même dans la rue et des guetteurs préviennent les participants et les musiciens de l’arrivée de la Gestapo. Cela parait dérisoire, mais certains d’entre eux s’engageront ensuite plus politiquement dans des mouvements comme la Rose blanche de Hambourg, s’opposant ouvertement à Hitler. A l’époque, détourner “Sieg Heil” en “Swing Heil “, c’était déjà un acte héroïque. Le jazz représenta donc un symbole important comme l’explique le tromboniste Albert Mangelsdorff : « Le jazz n’était pas seulement pour nous un symbole de joie de vivre. Le jazz symbolisait la liberté, et représentait donc le contraire de ce qui nous dominait. Les gens qui ne voulaient rien avoir à faire avec les nazis se sont, disons, réfugiés dans le jazz. »

Sources bibliographiques :

3minutes 33 secondes, Esi Edugyan, Liana Levi, 2013.

Le nazisme et la musique dégénérée, espritsnomades.com

Des antinazis méconnus, la jeunesse swing, Jean Luc Bellanger, Le patriote résistant, mars 2017.

Ecrit par Corinne Naidet

Les bons conseils du Docteur Jazzophone #1

Ami(e) lecteur(trice) du Jazzophone, je perçois ton regard dubitatif à la simple lecture du titre de cette chronique. Tu te demandes en quoi je vais pouvoir t’aider et surtout pourquoi je me permets de te tutoyer. Passons sur le second point, sans intérêt, et concentrons-nous sur le premier : je suis là pour te sortir des ennuis dans lesquels tu t’es mis tout seul.

En effet, lorsque tu as rédigé ton curriculum vitae, tu as bien précisé que le jazz était une de tes passions (sans oublier la littérature et le running à l’instar de tous les mythomanes que nous sommes). Malheureusement pour toi, le recruteur est également féru de jazz et il te pose aussitôt la question piège : quel type de jazz affectionnez-vous ?

Tu peux tenter de t’en sortir par toi-même. Prétendre que tu es à la pointe du jazz nordique en utilisant des noms de meubles d’une célèbre marque suédoise comme noms de groupe. Je te le déconseille car on ne peut pas dire que tu aies eu la main heureuse jusqu’à présent et ce serait dommageable que ton interlocuteur poursuive sur le dernier album de Nils Landgren Funk Unit. Echec et mat !

Du coup, qui va être ton ange gardien ? Le Docteur Jazzophone !

Solution n°1 : tu peux utiliser la pirouette Miles Davis. Le garçon a traversé tous les courants du jazz et la probabilité est très faible que la personne en face de toi n’apprécie pas au moins un disque voire une période. Laisse-le venir et tu n’auras plus qu’à acquiescer en bougeant la tête comme un chien sur la plage arrière d’une voiture.

Solution n°2 : tu es d’un naturel fourbe et tu lances en pâture le nom d’Avishai Cohen. Dubitatif, le recruteur te demande « lequel ? ». Tu le regardes d’un air condescendant en disant : « le meilleur des deux ». Fin de la conversation. Il n’osera poursuivre sur sa lancée de peur d’être ridicule.

Solution n°3 : tu as décidé de suivre le chemin de la raison et de t’intéresser de plus près à cette ligne inscrite dans ton cv. Le Docteur Jazzophone va t’accompagner dans cette démarche constructive et te livre sur un plateau le Top 3 des albums qui tournent actuellement sur sa platine : le pianiste Alfa Mist « Antiphon » (le titre introductif de presque 11mn, « Keep on », est un des morceaux de l’année), le trompettiste Ambrose Akinmusire « A rift in decorum (live at the Village Vanguard) » (quel enthousiasme) et Maurice Brown, trompettiste également, « The mood » (mélange soul & Jazz).

Si après cela, le recruteur reste hermétique et sceptique, nous t’autorisons à lui communiquer l’adresse du Jazzophone. Nous nous occuperons du service après-vente avec un stage de rééducation auditive.

Ecrit par Cyril Hely
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